vendredi 22 mars 2013

Le ♥ d'Amour épris, suite

 
Dame Espérance tirant le chevalier cœur hors de l'eau (détail)
Le Livre du Cuer d'Amours Espris
enlumineur inconnu - vers 1480
Bibliothèque Nationale, Paris (voir la page)

Comme promis dans un précédent billet, voici la suite de la quête entamée par le chevalier Cœur afin d'aller délivrer Douce-Merci, la dame de ses pensées, enfermée par Danger dans le manoir de Rébellion.

Pour rappel, il s'agit du début du manuscrit du Livre du Cuer d'Amours Espris (composé par René d'Anjou en 1457) d'après l'exemplaire conservé à la bibliothèque nationale autrichienne. Cet exemplaire comporte seize miniatures peintes par Barthélemy d'Eyck.

Précédemment, j'ai présenté les huit premières miniatures en les accompagnant d'un résumé du texte en relation avec les images. Aujourd'hui nous allons voir les huit suivantes. Mon résumé des aventures de Cœur est basé sur le texte original du manuscrit et sa traduction en français moderne, dans le volume du Livre de Poche.



8




















La dernière fois, nous avons laissé Cœur au moment où dame Espérance arrive à temps pour l'aider à sortir du fleuve de Larmes dans lequel le chevalier Souci l'a précipité en le faisant tomber de son destrier. Dans ce conte, dame Espérance joue le rôle d'un ange gardien qui agit comme un Deus ex machina, intervenant in extremis pour sauver la situation et disparaissant peu après.

Une fois Cœur sorti de l'eau, Espérance lui explique alors, ainsi qu'à son compagnon Désir, qu'ils vont devoir traverser les terres du seigneur Courroux avant de parvenir au lieu où ils pourront embarquer pour l'île du dieu Amour dans laquelle se trouve Douce-Merci. Après une dernière mise en garde contre les périls qui ne vont pas manquer de les menacer, Espérance quitte subitement les deux compagnons et s’évanouit comme par magie.

Au terme d'une longue chevauchée, Cœur et Désir sont arrivés au château de Courroux. Au-dessus de la porte, il y a une inscription gravée dans la pierre. Elle annonce que ce château se trouve sur le tertre Dénué-de-liesse, que Dame Tristesse en est la maîtresse et Courroux le seigneur. En outre, l'inscription précise que tout arrivant se verra dans l'obligation de combattre Courroux.

En vue de ce combat, sa lance ayant été brisée par le chevalier Souci, Cœur s'empare de celle qui se trouve à l'entrée du château, visiblement abandonnée par le gardien qui s'est absenté. Le passage étant libre, Cœur et Désir entrent dans le château.


9

Sur ces entrefaites,  Paresse, qui aurait dû être de garde à ce moment là si sa négligence coutumière ne l'avait pas retardée, sort du donjon toute débraillée. En voyant les deux cavaliers pénétrer dans la cour du château, elle se met à crier pour alerter le seigneur Courroux. Ce dernier ouvre la fenêtre du donjon et avertit les deux intrus qu'ils vont avoir affaire à lui sans tarder.

Le temps que Courroux descende du donjon, fasse seller son cheval et revête son armure, Cœur se prépare mentalement au combat.


10




















Ici l'auteur interrompt le récit pour décrire l'apparence de Courroux surgissant en armes et au grand galop devant Cœur également tout armé. Courroux avait « sur son escu trois plantes de chardon picquans a une branche d'espine noire au travers, et sur son heaulme la teste d'ung dragon artificielment faicte et gectant feu par grant despit. »

L'affrontement entre Courroux et Cœur est terriblement brutal. Leurs lances respectives sont  rompues et les deux cavaliers désarçonnés s'empressent de remonter en selle pour poursuivre le combat à l'épée. Cette lutte acharnée se termine par la victoire de Cœur et l'intervention de Dame Tristesse, accourue pour supplier Cœur de laisser la vie sauve à son seigneur et maître.

Cœur accepte de ne pas occire Courroux, à condition qu'il s'engage par serment solennel à ne plus nuire au dieu Amour, ni a ses fidèles. Ce qu'il fait sans barguigner, mais non sans arrière-pensées. Sur ce, le soir tombant, Cœur demande s'il existe aux environs une auberge où son compagnon et lui-même pourraient passer la nuit. Dame Tristesse leur propose alors de les héberger au château en leur assurant qu'il ne trouveront pas mieux ailleurs. Pris de court, Cœur et Désir acceptent son invitation.

Au terme du piètre repas offert par Dame Tristesse, celle-ci revient vers les deux compagnons pour leur faire visiter le château. C'est au cours de cette visite que la traîtresse Tristesse s'arrange pour faire passer Cœur sur des planches qui, en cédant sous son poids, le précipitent environ quatre mètres plus bas dans un cul de basse-fosse. Désir, qui marchait derrière Cœur, évite le piège de justesse et parvient à s'échapper du château.

Après avoir chevauché toute la nuit pour aller chercher du secours, en sortant de la forêt qu'il vient de traverser, Désir aperçoit dans la lumière matinale un campement établi sur une grande prairie en bordure de rivière. Poursuivant sa route, voilà qu'au détour du chemin il rencontre un cavalier venant vers lui.

11























Ici, l'auteur nous apprend que le personnage qui vient de saluer Désir se nomme Humble Requête. C'est un émissaire du dieu Amour qui a pour mission d'alerter et de rassembler nombre de ses partisans afin de combattre Malebouche, ce malandrin ayant réuni toute une troupe de médisants dans le but de ruiner les terres d'Amour et de rançonner ses sujets.

Désir expose alors son problème à Humble Requête, qui lui apprend que le campement que l'on aperçoit dans la vallée est celui des troupes rassemblées là par le seigneur Honneur en attendant d'être assez étoffées pour aller porter secours au dieu Amour. Pensant qu'Honneur sera certainement à même de l'aider à délivrer Cœur, Désir laisse Humble Requête poursuivre sa mission et se dirige vers le campement, auquel il parvient rapidement. Un garde lui ayant indiqué où se trouve la tente du seigneur HonneurDésir met pied à terre en y arrivant.


12






















Occupé à élaborer une stratégie de bataille en compagnie de ses barons, Honneur sort de sa tente. Mettant un genoux à terre pour le saluer, Désir se présente à lui et lui énonce en quelques mots le but de sa visiteHonneur relève Désir et lui demande dans quelles circonstances le chevalier Cœur a été fait prisonnier au château de Courroux. Ce que Désir lui explique en détails.

Honneur ordonne alors à Renom de réunir une troupe pour aller attaquer le château de Courroux et délivrer Cœur. Ravi de cette occasion d'éliminer Courroux et Tristesse, Renom ne se fait pas prier et demande à Désir de les accompagner, lui et sa troupe, afin de les guider vers le château.

Parvenue au château au lever du jour, la troupe de Renom prend tout le monde par surprise et pénètre sans peine jusqu'au donjon. Voyant qu'ils n'auraient pas le dessus contre une telle troupe, Courroux, Tristesse et leurs gens s'enfuient par une poterne dérobée, ce qui contrarie fort Renom mais ne retarde en rien la libération de Cœur qui s'effectue sans encombre. Avant de quitter les lieux, Renom ordonne la destruction complète du château.

Au retour de Renom, Honneur le félicite et accueille Cœur avec magnanimité. Informé des projets de Cœur et du but de sa quête, il lui confie une missive destinée au dieu Amour et lui propose de choisir un de ses chevaliers pour l'accompagner. Désir ayant remarqué Largesse, dont il connait les qualités, il propose à Cœur de le prendre avec eux. C'est ainsi que ce sont désormais deux compagnons, au lieu d'un seul, qui chevauchent aux côtés de Cœur lorsqu'il reprend sa quête.

Au terme d'une longue journée de chevauchée sans rencontrer âme qui vive, et surtout sans avoir trouvé un endroit approprié pour passer la nuit qui est déjà fort avancée, les trois cavaliers sont contraints et forcés de mettre pied à terre au pied d'un grand pin et de s'allonger là faute de mieux. Au petit matin, ils ont la surprise de découvrir une maisonnette à proximité de l'endroit où ils ont dormi.


13

Sous le pignon de la petite maison toute délabrée figure un écriteau sur lequel Cœur, Désir et Largesse sont en train de lire qu'en la plaine d'Ennuyeuse Pensée cette pauvre maisonnette est la demeure de Grave Soupir souhaitant finir là ses jours, dans l'inconfort et la mélancolie. L'inscription se termine par une mise en garde contre l'influence pernicieuse de Grave Soupir, auprès de qui nul ne peut conserver sa joie de vivre.

Malgré l'avertissement qu'il vient de lire, Cœur pénètre dans la masure suivis par ses deux amis. Mal leur en prend. Non seulement ils n'y trouvent rien à manger, alors qu'ils sont tous affamés, mais de plus, le profond désespoir dans lequel se complaît Grave Soupir (un vieillard tellement plongé dans ses sombres pensées qu'il ne les a même pas vu entrer) est à deux doigts de les submerger. Dans un sursaut de lucidité, Désir entraîne ses deux compagnons dehors et ils s'empressent tous trois de rassembler leurs affaire et d'enfourcher leurs montures pour s'éloigner au plus vite de cet endroit malfaisant.

Alors que le soleil est entrain de se coucher, leur chevauchée les ayant amené jusqu'au bout de la plaine d'Ennuyeuse Pensée, les trois cavaliers aperçoivent à l'orée d'un bois un petit ermitage qui leur paraît tout indiqué pour passer la nuit, plus confortablement que sous un pin.


14

Cœur, Désir et Largesse ont mis pied à terre et s’apprêtent à pénétrer dans la chapelle de l'ermitage, où l'ermite est en train de finir de réciter les complies. Cœur lui demande l'hospitalité. L'ermite lui répond favorablement, d'autant plus que dame Espérance qui les attendait là, se trouve déjà dans l'ermitage pour y passer la nuit. Au cours du repas que l'ermite sert à ses hôtes, à la demande de dame Espérance, Cœur lui fait le récit complet de ses aventures, depuis le moment où elle l'a quitté au bord du fleuve de Larmes jusqu'à leurs présentes retrouvailles.

Le lendemain matin, avant de quitter l'ermitage, les trois compagnons rencontrent dame Espérance et Cœur lui demande ce qu'il lui est arrivé depuis leur dernière rencontre. Espérance dit qu'elle est allée délivrer Bel Accueil, emprisonné par Jalousie, et qu'elle l'a accompagné jusqu'à la mer où il doit embarquer pour l'île du dieu Amour.

Ensuite, elle apprend à Cœur qu'il devra suivre la même route que Bel Accueil, puisque sa destination est la même. Elle lui prédit qu'il aura à combattre Danger et Refus avant d'arriver jusqu'à Douce-Merci, puis elle indique aux trois compagnons que la meilleure route à suivre est celle qui passe par le bois voisin de l'ermitage. Elle ajoute que, lorsqu'ils seront arrivés au bord de la me, ils verront le bateau qui les attend déjà pour les amener à l'île du dieu Amour.

Comme la dernière fois, dame Espérance disparaît sitôt après avoir fini de parler. Sur ce, après avoir remercié l'ermite, Largesse tire quelques pièces d'or de sa bourse et les dépose dans le tronc de la chapelle. Puis, les trois voyageurs quittent l'ermitage. Le chemin n'étant pas très long, Cœur, Désir et Largesse arrivent à la mer peu après midi.


15

Alors que jusqu'ici l'auteur n'a pas mentionné de valets accompagnant les trois voyageurs, subitement ils apparaissent dans le texte, à point nommé pour prendre en charge les chevaux de Cœur, Désir et Largesse  qui n'en auront plus besoin une fois embarqués pour l'île d'Amour.

Cette présence quasi magique des deux valets sur le rivage, prêts à aider les trois compagnons à retirer leurs éperons et à ramener leurs chevaux, est à n'en pas douter une disposition du dieu Amour. De même pour les deux dames marinières attendant dans la barque, elles aussi appointées par les services d'Amour.

Les deux marinières, dont les trois compagnons ont appris qu'elles se nomment Confiance et Attentesont des navigatrices expérimentées et la traversée se déroule sans encombre. Mis à part, un fort mal de mer engendré par un vent plus violent qu'au départ, ce qui oblige les trois compagnons à s'allonger. La houle les berce alors tant et si bien, qu'ils finissent par s'endormir.

Sur le soir, alors que le soleil vient de se coucher et que le vent a beaucoup décru, apparaît au loin une île qui s'avère être un gros rocher, sur lequel deux dames sont occupées à pêcher.


16


Confiance et Attente, ont reconnu de loin les pêcheuses et les saluent de la main, ce sont leurs amies Compagnie et Amitié qui préparent ainsi leur dîner. Voilà qui tombe à pic pour les voyageurs affamés. Après avoir amené leur embarcation dans un creux, à l'abri pour la nuit, les navigatrices débarquent avec leurs trois passagers. Compagnie et Amitié accueillent avec joie les arrivants et leur  offrent un repas de poissons tout frais grillés, accompagné d'un très bon vin qu'elles avaient en réserve.

Le repas terminé, Compagnie et Amitié installent un couchage pour les trois compagnons dans un coin de leur cabane. Leur sommeil sera de courte durée, car ils doivent se lever à l'aube pour reprendre la mer. Le lendemain, Cœur, Désir et Largesse, toujours pilotés par Confiance et Attente, vont enfin découvrir l'île d'Amour. Mais avant de rencontrer Douce-Merci, Cœur devra passer par bien des désarrois...

♥ ♥ ♥

Avec la seizième des miniatures peintes par Barthélemy d'Eyck  (figurant dans le manuscrit conservé à la bibliothèque nationale autrichienne) se termine mon résumé des aventures du chevalier Cœur.

Le Livre du Cuer d'Amours Espris n'est pas terminé pour autant, le lecteur intéressé pourra lire la suite dans le volume édité par Le Livre de Poche.


Il reste beaucoup de chose à dire sur le rapport de cette œuvre avec la vie de son auteur, René d'Anjou. J'en reparlerai d'ici quelques temps.



Texte © VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2013

45 commentaires :

  1. Certains passages rappellent Le Chevalier de ma Charrette, d'autres anticipent, en quelque sorte, la carte de Tendre et les romans Précieux.
    L'épisode des dames qui pêchent me semble curieux :réminiscence du Roi Pêcheur et de la quête du Graal ?

    En attendant la suite , merci pour ce résumé- fruit d'une somme de recherches!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu as parfaitement raison. Pour ce qui est du cycle arthurien, René d'Anjou ne cache pas qu'il s'en est inspiré, il le dit ouvertement dans l'introduction du livre : voir la partie "Le roman du Cuer d'Amours Espris" dans le premier billet consacré à ce roman.
      Pour une fois, je n'ai pas fait de recherche autre que celle des reproductions. Par contre, j'ai dû faire un gros effort de rédaction pour résumer les aventures de Cœur et de ses compagnons !

      Supprimer
    2. Étourdie que je suis ! j'ai oublié de répondre à ta question à propos des pêcheuses.
      Dans le texte, Compagnie et Amitié nomment les poissons qu'elles prennent à la ligne des Validire, (Va lui dire en français moderne). Ce qui (d'après les notes de bas de page) est une allusion au valet qui porte secrètement les messages de l'amant à sa belle.
      Cœur s'étonnant de ce curieux nom, Amitié lui explique que ce poisson correspond à celui qu'en France on nomme maquereau, dont parait-il l'ingestion est bonne pour les amants souffrant du mal d'amer, mal d'aimer en français moderne et jeu de mot avec le mal de mer dont les compagnons ont bien souffert.
      Amitié mentionne aussi la salade de doulce responce comme un autre bon remède au mal d'aimer.
      Des jeux de mots qui fonctionnent grâce au double sens des mots en ancien français et à leur sens allégorique.
      L'occasion de découvrir la raiponce si ce n'est déjà fait.
      Bon d'accord, j'arrête mes salades, c'est l'heure d'aller dormir :)

      Supprimer
  2. Merci très bine conté et illustré. On ne peut qu'apprécier.... Bises et belle journée

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bises en retour et bon dimanche, Patriarch

      Supprimer
  3. Quel plaisir. Je ne pense pas que j'aurais lu "le coeur d'amour epris!" par moi-meme mais, presente ainsi, quel plaisir.
    Soit dit en passant les bottes des chevaliers ne devaient pas etre faciles ni a enfiler,ni a porter... :-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce roman ferait une excellente BD, je pense.

      Les chaussures du Moyen-Âge à bout extrêmement pointu (la mode actuelle, en comparaison, parait très raisonnable !) ce sont les poulaines. La partie de l'armure correspondant à la poulaine est le soleret.

      Supprimer
  4. Coucou Tilia !
    Moi, ce que j'aime, en plus de l'histoire par elle même et les jolies illustrations, ce sont les noms des personnages. Ceux des marinières et des pêcheuses par exemple. Qu'elle belle imagination de l'auteur.
    Bon wouik et bises.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tout à fait d'accord avec toi, Claude, ce roman a beaucoup de charme. Mais... il finit mal !
      Bises et bon dimanche (malgré le froid qui revient)

      Supprimer
  5. Belle recherche Tilia.

    Penses-tu que cela est nécessaire cette vérification pour poster un commentaire.
    Cela devient de plus en plus difficile et fatigue les yeux...

    RépondreSupprimer
  6. Si j'ai bien compris, tu ne publieras pas la suite de l'histoire ?
    Tu nous laisses le bec dans l'eau ?
    Plantés comme des piquets sur ce rocher au milieu de la mer ?
    :((

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu peux sortir le bec de l'eau ! Il y aura un autre billet, mais pas forcément une suite comme tu l'entends (l'attends). Je l'explique à Josette (deuxième commentaire en dessous du tien).

      Supprimer
  7. Si j'étais Coeur, je me méfierai de Désir, car Douce-Merci n'est pas de bois...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le roman finit mal pour Désir, mais pas par la faute de Cœur...

      Supprimer
  8. tu ne peux pas nous abandonner comme ça... comme les enfants le soir à qui on lit une histoire ou comme dans les mille et nuits tu vas nous raconter la suite hein !
    je t'embrasse Tilia et grand merci pour tes consiels

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La suite de l'histoire de Cœur n'est plus guère adaptable sous la forme que j'ai utilisé jusqu'ici. Je pourrais la faire avec les illustrations du manuscrit de Paris, mais ce serait fastidieux. Lorsque Cœur visite le cimetière de l'île, il y a toute une partie consacrée à de longues descriptions des blasons des grands hommes depuis l'antiquité jusqu'à l'époque de René d'Anjou, et j'avoue ne pas avoir tout lu ! De plus l'aventure de Cœur et Désir finit mal...
      Néanmoins, je prévois un dernier volet, car il y a des images intéressantes dans le manuscrit de Paris (telle celle qui se trouve au tout début de ce billet).
      Bisous (de rien !)

      Supprimer
  9. J'ai lu la moitié de ton billet , je reviens !!!
    Quelle recherche !!!

    RépondreSupprimer
  10. Mille Mercis "Tilia au Grand savoir" de cette approche je ne m'en remets
    La sente est belle qui conduit au "désir"
    Gare à la chute qui me laissera toute estourbillée
    En Amour et largesse mon coeur s'empapille

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu l'as deviné, l'histoire finit mal et c'est Désir qui sera estourbillé. J'en parlerai une autre fois.

      Supprimer
  11. Merci pour le lien et pour ton commentaire !

    RépondreSupprimer
  12. Dame Paresse et Dame Jalousie estoient toutes deux ordes garces,
    Mais Douce Merci jamais son Coeur n'oubliera, qu'elle tenoit en doux amour...
    Heureusement, "Gentil" jamais ne désarme devant "Méchant".
    Un peu comme aux infos... euh pardon pour cette digression!
    Merci Tilia pour la belle histoire. Les enluminures sont superbes, et la fraîcheur de leurs couleurs est vraiment étonnante. Je ne peux m'empêcher de penser aux artistes qui les ont peintes, au nombre d'heures qu'ils ont passées à broyer leurs pigments dont certains très dangereux (mercure, plomb...), à fabriquer leurs encres, leurs colles, leurs détrempes.
    Et à ce monde dans lequel l'image était si rare et si précieuse, quand nous autres vivons dans siècle qui en est saturé.

    J'aime beaucoup l'île-rocher où accostent les voyageurs, celle de Compagnie et d'Amitié.
    Des valeurs sûres!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Dans le sac des ordes (sales) garces, il ne faut pas oublier Tristesse, la copine de Courroux. Par la suite, on y ajoutera Honte et Crainte, les deux commères qui chaperonnent Douce Merci !

      À propos de fraîcheur des couleurs bien conservées dans le temps, j'ai découvert récemment que la voûte peinte de la cathédrale d'Albi (vers 1509-1512) est un véritable bijou : le bleu est à base de lapis-lazuli broyé. Une merveille que j'ai grande envie d'aller voir !

      Compagnie et d'Amitié, des valeurs sûres auxquelles j'ajouterai Fidélité (même si elle ne figure pas dans le roman du bon roi René).

      Supprimer
    2. Merci pour le lien vers la Cathédrale d'Albi. Ca me met l'eau à la bouche! La voûte semble magnifique en effet. Comme au théâtre il faudrait peut-être prendre des jumelles pour pouvoir en apprécier les détails. Tout ce bleu en Lapis... une fortune! On y explique sur le site que l'on a longtemps cru à tort que le bleu était celui du pastel. Ce n'est pas possible en fait. Les pigments organiques comme le pastel sont altérés par la chaux. A l'époque il ne restait que les pigments minéraux (oxydes de cuivre, Lapis-lazuli). En tout cas cela vaut vraiment le coup d'aller voir. Il y a aussi une fresque sur le thème du Jugement Dernier: 300m2! J'ai bien envie d'aller méditer sous cette voûte là moi aussi un jour prochain!

      Supprimer
  13. Alors là une découverte pour moi. Je ne connaissais rien de cette histoire ni de son auteur :D
    Il va falloir la relire avec la fin

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En attendant la suite, tu peux toujours lire les deux épisodes précédents si ce n'est déjà fait ;-)
      (il suffit de clique sur le libellé "René d'Anjou")

      Supprimer
  14. Quelle saga !

    Juste le temps de la lire avant de refermer l'ordi... pour une semaine, car je pense ne pas avoir de connexion internet !

    J'aime les illustrations, et j'ai apprécié les détails des caparaçons des chevaux (tu t'en doutes !)

    Biseeeeeeeeeeeeeeeees de Christineeeeee

    (en attendant la suite et tristeeee fin !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Alors, bonnes vacances, Christineeeee !
      Bisouuuuuuuus
      (merci pour ton envoi, je te répondrai par la poste à ton retour)

      Supprimer
  15. Des noms un peu trop prédestinés dont aucun n'a les faveurs des nouveaux parents d'aujourd'hui...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Dans l'introduction de son roman, René d'Anjou nous explique qu'il s'agit d'une allégorie (il emploie le mot "parabole").
      De nos jours, si Grâce et Prudence sont effectivement des prénoms bien oubliés, il y a encore en France des Constance ou des Clémence , et quelques Espérance dans les familles d'origine espagnole.

      Supprimer
  16. Magnifiques enluminures pour cette oeuvre dans la tradition des romans courtois!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. On ne peut qu'admirer ces merveilleuses miniatures de Barthélemy d'Eyck. Cependant, celles de l'enlumineur anonyme qui a orné le manuscrit conservé à la BNF (dont j'ai montré la huitième au tout début de ce billet) sont également dignes d'intérêt.

      Supprimer
  17. Wow ! Je reste admirative devant la somme de travail, celui de recherche et celui de redaction, que tu as effectuée. On apprend toujours une foule incroyable de choses dans ton précieux Grenier.
    Ce "Cuer d'Amours Espris" me fait penser à un conte à la fois poétique et fantastique, du style "la Belle et la Bête" ou le "Roman de la Rose" pour l'analogie avec les sentiments, il est très moderne, en fait. J'ai pris beaucoup de plaisir à le lire, si bien résumé et accompagné par toutes ces richesses iconographiques ! (j'ai adoré ! elles sont lumineuses, la vue de nuit est particulièrement réussie, représenter la nuit de cette manière là était peu courant à cette époque) Barthélemy d'Eyck est l'artiste qui a peint la célèbre Annonciation d'Aix. Le Hic lol c'est que tu nous laisses en plein suspens lol
    Je serai heureuse que tu nous en reparles,
    Merci Tilia, c'était vraiment passionnant,
    Bisous

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Toi aussi tu réclames la suite ? alors je ne vais pas y couper ! Mais ce ne sera pas dans l'immédiat, car je suis occupée à préparer un séjour en Belgique et je vais m'absenter une douzaine de jours à partir du 10 avril pour cause de noces d'émeraude :)
      Les miniatures du manuscrit de Paris (dont tu as un exemple dans la première illustration de ce billet) bien que moins lumineuses et d'un dessin moins élégant, sont tout aussi intéressantes que celles de Barthélemy d'Eyck. Ce sera donc celles-là que j'utiliserai pour la suite (et fin) des aventures du "Cuer d'Amours Espris".
      Bisous, à bientôt dans tes Étoiles (ou ici pour prendre le thé..)

      Supprimer
  18. Merci pour ta recherche efficace sur le faux Cupidon

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Éros ou Antéros, la question n'est pas tranchée pour le vrai faux Cupidon de ton Parcours fléché...

      Supprimer
  19. mon dieu, merci pour ce deuxième épisode de cette série magnifiquement racontée.J'ai été scotchée juqu'à la frustation à la dernière ligne... mais tu nous donneras sûrement la fin même si tu nous a gentiment avertis qu'elle n'est pas très bonne... mais c'est la vie!
    je connais une "vieille" dame qui s'appelle modeste.Elle aurait pu être figurante.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Marguerite-Marie ! j'avais oublié Modeste et Modestie (ou Modesty).

      Puisque vous êtes plusieurs à réclamer la suite, je ferai donc l'effort d'un billet complémentaire pour conter la fin de la quête du ♥ d'Amour épris :)

      Supprimer
  20. Merci d'avoir réveillé en moi le souvenir de ces enluminures de Bartélemy d'Eyck, probablement les plus belles et originales jamais peintes !

    RépondreSupprimer