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Les Nymphéas
Claude Monet - 1904
Musée d'art moderne André Malraux, Le Havre (lire la notice) |
Après
Giverny 1 - La maison de Monet, voici la suite de notre visite à Giverny,
le 25 juin dernier.
Il va être question
des jardin
s, et non pas
du jardin au singulier, vu que le terrain du jardin de Monet est
coupé en deux par la route et que les deux parties sont sensiblement différentes l'une de l'autre, comme on peut le voir sur la photo aérienne ci-dessous.
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| Plan des jardins |
La maison de Monet tourne le dos à la rue et sa façade est entièrement ouverte sur
le jardin. Ce jardin a été baptisé Le Clos Normand. C'est un jardin d'ornement qui ne ressemble guère à ceux qui entourent les demeures bourgeoises. Chez Monet, mis à part quelques petites pelouses sous les arbres, pas de gazon soigneusement tondu à ras.
L'impression de liberté totale domine. Les fleurs débordent sur les allées, elles l'emportent sur les arbres et on ne voit qu'elles. Pour moi,
ce jardin de fleurs foisonnantes ressemble à un jardin sauvage.
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L'allée centrale, vue depuis la maison
Remarquer la petite tache brune près du brin de capucines rampant sur le gravier... |
Quand j'ai pris cette photo, ce monsieur
pinson semblait fixer mon appareil. Ce n'était pourtant pas une nouveauté pour lui, presque tous les visiteurs du jardin en tiennent un en mains !
Alors j'ai pensé qu'il était là pour me souhaiter la bienvenue, qu'il était peut-être la matérialisation du
souvenir de Claude Monet survolant la grande allée de son jardin...
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| Foisonnement |
En cette fin juin,
la profusion florale du jardin donne l'impression au visiteur de se trouver au sein d'une
merveilleuse prairie sauvage, dans laquelle
les différentes sortes de fleurs se disputent la priorité à se faire admirer.
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| Merveilleuse prairie |
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| Rosier grimpant et rosier piéton |
Le rosier grimpant ci-dessus fait partie des rosiers sur "
parapluie", dont
Ariane, guide à Giverny et blogueuse chevronnée, parle ici.
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| Fleurs d'ail d'ornement |
Si vous êtes un(e) fidèle du grenier, vous aurez sans doute reconnu ces fleurs d'ail qui figurent sur la
devinette du mois de juin dernier.
L'ail d'ornement,
Allium aflatunense, a été découvert dans des
Montagnes Célestes (
Tiān Shān) sur les rives de l'
Aflatun au Kirghizistan.
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| Flamboyance |
Cette plante, dont les fleurs ressemblent à des lys vermillon, est un
Crocosmia Lucifer, également dénommé
Montbretia.
Dans son billet consacré aux
flamboyances estivales de Giverny,
Ariane compare la tige florale du Crocosmia à
la main d'un prestidigitateur faisant jaillir du néant des foulards écarlates.
J'adore cette image.
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| Le "Ru" |
Désolée, je n'ai pas fait de photos entre le
Clos normand, que nous venons de quitter, et le
Jardin d'eau, où nous venons d'arriver après avoir traversé, grâce à
ce passage souterrain, la route séparant les deux jardins.
Nous voici à présent sur
la passerelle qui enjambe le Ru de Monet.
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La passerelle enjambant le Ru à l'entrée du jardin d'eau
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Les fleurs que vous voyez sur la photo de la passerelle sont des
Hémérocalles. Elles s'épanouissent en grands nombres le long du
Ru.
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| Les Hémérocalles et la passerelle à l'entrée du jardin d'eau |
Ces hémérocalles sont les mêmes "
hemerocallis orange" que celles dont Monet à fait le portrait en
1915.
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Les Hémérocalles
Claude Monet - 1915
Musée Marmottan-Monet, Paris |
Ariane parle de ce tableau et elle en fait
l'analyse ici.
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| Le Ru bordé d'hémérocalles et le bosquet de bambous |
Les fleurs au premier plan de ma photo sont sans doute des
hémérocalles jaunes pas encore ouvertes...
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| Une partie de la bambouseraie |
Comme
Ariane l'explique ici,
Monet, grand amateur de jardin japonais,
a souhaité planter des bambous dans son
jardin d'eau.
Cependant, en jardinier avisé, il avait pris la précaution de les isoler dans l'îlot formé par le bassin et
le bras du Ru (voir le plan ci-dessous) afin qu'il n'envahissent pas tout l'espace.
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| cliquer sur le plan pour l'agrandir |
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| Bambous penchés vers le Ru |
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| Allée délimitée par des barrières de bambou le long du bosquet de bambous |
Fascinée par la perspective de
la barrière de bambou, je n'ai pas emprunté cette allée, je me suis contentée de la photographier et
apercevant enfin le bassin aux nymphéas, j'ai pris le plus court chemin.
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| Reflets parmi les nénuphars |
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| Zoom sur la maison entre les saules |
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| Entre les saules, la maison vue depuis la rive sud du bassin |
Savez-vous
quelle est la plante qui dresse sa hampe garnie de fleurs bleues au milieu de la photo ?...
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| cliquer sur la photo pour l'agrandir |
Après bien des recherches je suis tombée par hasard sur la pistes des
delphiniums. Mais je n'étais pas au bout de mes peines, car il en existe de
très nombreuses variétés.
J'ai enfin réussi à déterminer la bonne ! C'est le
Delphinium elatum, celui que les anglophones nomment très poétiquement
Magic Fountains Sky Blue with White Bee.
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| Petites fleurs, grandes feuilles... qu'est-ce que ça peut bien être ?... |
Contrairement aux fleurs bleues précédentes, moi qui ne connais pas grand chose en horticulture en dehors de la flore du jardin de mon enfance (vu que j'habite en appartement) j'ai réussi sans trop de difficulté à identifier ces
petites fleurs couleur fuchsia grâce à mes recherches sur internet.
Il s'agit de la
coquelourde des jardins. Les
grandes feuilles qui les serrent de près sur ma photo n'ont strictement rien à voir avec elles. Ces
feuilles (si grandes que certains québecois les surnomment "
siège de tracteur") sont celles de la
pétasite du Japon (
petasite japonicus)
une plante aussi envahissante que les bambous.
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| Le Ru (vu depuis le petit pont ?) |
Dans mon souvenir, je ne suis pas certaine que ce soit
le petit pont de bois dont parle
Ariane, celui qui se trouve à l'extrémité Est du bassin (à l'opposé du pont japonais). Mais je ne vois pas d'autres possibilités, vu que la photo ci-dessus a été prise à 10:10 et les deux suivantes ci-dessous à 10:11 et 10:12, je n'ai donc pas pu parcourir beaucoup de chemin entre temps.
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| Le Ru, à l'Est du bassin |
Remarquer au centre de la photo ci-dessus
l'abondance de ces "sièges de tracteur" qui n'ont pas que des détracteurs,
exemple ici.
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| Le bassin, vu depuis son extrémité Est |
Tout au fond de l'image, on distingue à peine
le pont japonais ombragé par
sa glycine. La faute au manque de lumière, la couverture nuageuse n'ayant pas bougé d'un pouce durant ma visite.
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| Zoom sur les nénuphars |
Ci-dessus, on aperçoit un coin du
pont japonnais.
Maintenant, je vous laisse admirer les nénuphars
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| L'érable du Japon se trouvant au bord du bassin |
Il y a quelques années, des visiteurs japonais ont dit à
Ariane que
cet érable est un vénérable bonsaï d'une valeur inestimable.
Cet arbre,
véritable trésor du jardin d'eau, est un
Ozakazuki, en latin un
acer palmatum.
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| Un poule d'eau et ses deux poussins |
Avant de lire
ce billet d'
Ariane, je n'aurais jamais imaginé que les deux petites boules de duvet noir, reposant tranquillement près de leur mère sur les feuilles de nénuphars, sont en danger de mort. Dès qu'elles vont mettre une patte dans l'eau, elles risqueront d'être happées par la gueule dentée du monstre qui demeure dans cet étang...
Croisons les doigts pour qu'il ne leur soit rien arrivé !
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| Un pêcheur sur l'étang ? |
Que fait-il donc,
cet homme penché sur l'eau ?
Serait-il à l'affût du
brochet carnassier dévoreur de poussins ?...
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| Que ramène-t-il dans son épuisette ? |
Voyons voir. Ce pêcheur tient
une épuisette, mais il n'a pas de bourriche pour mettre les poissons....
Ce qu'il pêche, ce n'est donc pas du poisson.
Cet homme tient ici le rôle de
l'ancien laveur de nymphéas.
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| Les bambous, vus depuis la rive nord du bassin |
Sa tâche accomplie,
la barque s’octroie une petite sieste à l'ombre de la bambouseraie.
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| Zoom sur les jolies fleurs du bord de l'eau |
Ces crinolines pour fées lilliputiennes sont les corolles des
campanules carillon, alias
Canterbury bells.
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| Le Ru, avec la vanne qui contrôle le niveau du bassin |
Juste à
la fin de la visite du jardin d'eau, au moment où ayant fait le tour du bassin nous arrivions à l'entrée du souterrain qui ramène vers le
Clos normand, un minuscule
rayon de soleil vite évanoui m'a fait me retourner pour revenir prendre cette
dernière photo du Ru à l'endroit où le bras qui enserre les bambous rejoint celui qui sort du bassin.
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Jardin de l'artiste à Giverny
Claude Monet - 1895
Collection E.G.Bührle, Zurich (lire la notice) |
De retour dans le Clos Normand, j'ai fait quelques photos des pavots qui poussent dans l'allée longeant la clôture du jardin à côté de la route. J'ai montré mes photos de
pavots rouges dans
le billet précédent consacré à la peinture des champs de coquelicots par Monet.
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| Pavot rose avec un syrphe et un bourdon |
Noter les ailes du
syrphe, totalement floues
. Soit l'insecte n'est pas encore posé, soit il est en train de butiner en
vol stationnaire, une étonnante faculté des syrphes,
analysée ici par des scientifiques. Ce syrphe est ici la tête en bas, dans une
position acrobatique, et il me semble que c'est son ventre qu'il nous montre..
Chez certains diptères, dont les syrphes font partie, les ailes postérieures sont atrophiées au point d'être devenues de simples petits
balanciers dénommés "
haltères" qui leur servent de gyroscope. Ce qui explique leur aptitude au
vol acrobatique.
À côté du syrphe, en toute convivialité, c'est un
cul blanc qui se délecte confortablement.
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| Autre pavot, autres syrphes ?... |
Peut-être une autre sorte de syrphes, mais je n'en suis pas du tout sûre. Ma photo n'est pas assez nette et le temps m'a manqué pour faire des recherches.
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| Une petite allée du Clos normand |
En arrière plan, ce sont les fenêtre de la chambre de Monet et la colline de Giverny que l'on aperçoit.
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| La grande allée |
La grande allée dans toute sa longueur, prise depuis le portail donnant sur la route.
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| Zoom sur la grande allée |
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| Une partie de la maison, vue depuis le chemin qui mène vers la sortie |
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| Rosier échevelé et merveilleuse prairie |
C'est sur ces dernières photos, montrant une autre partie du Clos normand où
l'exubérance florale est toute aussi enchanteresse, que s'achève notre visite des jardins de Monet.
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| En quittant le Clos normand |
Avant de terminer, il me reste à saluer
les artistes grâce auxquels cette féérie perdure en se renouvelant d'année en année.
Au premier chef, un grand coup de chapeau à
Gilbert Vahé (
parti en retraite en 2011) et à
James Priest qui lui a succédé comme jardinier en chef de ces merveilleux jardins.
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Lorsque nous avons quitté le jardin, en fin de matinée pour aller déjeuner, le ciel semblait vouloir se découvrir et je pensais y revenir l'après-midi pour faire des photos plus lumineuses. Or, il n'en a rien été !
Je vous raconterai une prochaine fois ce que nous avons fait cet après-midi là.
©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2014