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vendredi 18 mars 2011

Une lanterne pour l'espoir

Sept jours après le séisme et le tsunami qui a déferlé aussitôt après, les japonais sont toujours sous le choc. À la douleur des pertes subies, tant en vies humaines qu'en infrastructures, s'ajoute pour eux  la crainte des conséquences sur leur santé que risque d'occasionner l'accident nucléaire de la centrale de Fukushima, qui à l'heure actuelle n'est toujours pas maîtrisé.

Cette catastrophe d'une ampleur inouïe étant largement médiatisée, je me bornerai à énoncer ici une simple évidence. Il ne fait aucun doute que cette tragédie s'inscrira dans les annales mondiales et qu'il y aura un avant et un après 11 mars 2011, comme il y a eu un avant et un après 11 septembre 2001. Espérons pour le futur de l'humanité que les autorités compétentes sauront en tirer les leçons et prendront toutes les mesures qui vont écologiquement s'imposer.

Allumer une lanterne, un cierge ou une bougie, au Japon comme en occident, est une manière de conjurer le sort. À l'origine, les lanternes de pierre des jardins japonais étaient des lampes votives disposées dans l'enceinte des temples. Par la suite, elles furent utilisées pour illuminer le chemin vers la maison de thé. De nos jours, elles font partie des ornement essentiels de tout jardin japonais.
Je l'ai déjà dit dans un billet précédent, j'aime le Japon et une grande partie de la culture japonaise. La lanterne de pierre que j'allume symboliquement ci-dessous représente la pensée qui veille dans mon coeur pour maintenir l'espoir que tous les habitants du Japon sortent très vite de leur cauchemar.

crédit photo

Au cours des siècles, les japonais ont développé un art de vivre dont le raffinement ne s'oppose en rien au respect, voire à la vénération qu'ils ont toujours eu envers la nature. Mille preuves de ce culte traditionnel sont visibles dans les estampes japonaises qui peignent avec tant de poésie la contemplation de la pleine lune  d'automne ou bien la fête des cerisiers en fleurs, ou encore l'admiration de la première neige.


Woman Admiring Plum Blossoms at Night
Suzuki Harunobu  (1725-1770)
Metropolitan Museum of Art, New York
(cliquer sur le lien du musée pour voir la notice)

Si vous recherchez sur la toile des reproductions d'estampes japonaises, ne vous étonnez pas de la différence que vous pourriez observer d'un site à l'autre. Cela s'explique simplement du fait que les estampes sont des gravures reproduites par un imprimeur, l'aspect de l'estampe dépend donc de sa fabrication. En outre, pour  un même dessin initial d'un artiste donné, l'estampe aura pu être reproduite au fil du temps par différents imprimeurs. Pour connaître les étapes de la fabrication d'une estampe japonaise, cliquez sur ce lien.

Benkei Bridge
Tsuchiya Koitsu (1870-1949)
différentes versions

O Tsuki-mi est l'une des fêtes traditionnelles du Japon, c'est la contemplation de la lune d'automne.

Autumn Moon at Ishiyama Temple
Tsuchiya Koitsu

Les luminaires, particulièrement les lanternes et les anciens réverbères, m'ont toujours fascinée. Pour qu'elle raison, je l'ignore...

Kangetsu Bridge, Shimonoseki on Early Autumn Evening
Tsuchiya Koitsu

Les estampes de Tsuchiya Koitsu donnent une belle interprétation de la lumière, elles expriment avec talent les émotions poétiques engendrées par une ambiance particulière, un paysage, une atmosphère.

Fishing boat returning at sunset, Yabase
Tsuchiya Koitsu

Il existe un autre artiste japonais dessinateur d'estampes, qui porte le même nom que Tsuchiya Koitsu, mais qui ne lui est pas apparenté, il s'agit de Ishiwata Koitsu. Moins renommé que son homonyme, je trouve qu'il n'en est pourtant pas moins talentueux, quoique dans un genre très différent mais tout aussi plaisant.

Shibu Hot Springs, Nagano
Ishiwata Koitsu





Encore une image nocturne me direz-vous ! Et bien oui, j'aime particulièrement les lumières de la nuit. Ce qui ne m'empêche pas d'aimer les images diurnes très lumineuses, comme celle ci-dessous, qui est l'oeuvre d'un artiste japonais contemporain, réalisée à la détrempe à l'oeuf.




Former des étoiles
Akagi Micah
(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Une belle image pour l'espoir


©VesperTilia, echos-de-mon-grenier 2011