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mercredi 31 octobre 2018

Halloween par Samuel Schmucker


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Artiste méconnu en Europe, Samuel Schmucker est considéré comme l'artiste prééminent de l'Âge d'Or de la carte postale (1898-1915) aux États-Unis.


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Samuel Loren Schmucker est né le 20 février 1879 à Reading, dans le comté de Berks, en Pennsylvanie et il est décédé le 4 septembre 1921 à Southold, Long Island.


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Malgré le handicap de son bras droit résultant d'une poliomyélite contractée dans son enfance, la grande passion de sa vie a toujours été l'Art du dessin et de la peinture.


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À dix-sept ans il s'est inscrit à la prestigieuse Académie des Beaux-Arts de Pennsylvanie à Philadelphie. Il a étudié le dessin de 1896 à 1897 et la peinture de nature morte de 1898 à 1899.


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De 1899 à 1900 il s'est perfectionné avec Howard Pyle, le célèbre artiste et père de l'Illustration américaine, qui fut professeur au Drexel Institute of Art, Science and Industry de Philadelphie, aujourd'hui Drexel University.


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Les élèves de Pyle font partie des artistes américains les plus important(e)s et les plus prospères du début du XXe siècle, tels Maxfield Parrish, Jessie Willcox Smith, NC Wyeth, Frank Schoonover et Stanley Arthurs, entre autres.


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Aubrey Beardsley et Gustav Klimt ont également inspiré le travail de Samuel Schmucker, cependant il a su créer son propre style original.


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Vers 1910, Schmucker fut un des rares peintres et designers américains de style Art Nouveau. Son œuvre reflète l'évolution de la période Art Nouveau vers un style plus moderne et réaliste.


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Samuel Schmucker a vécu et travaillé à Philadelphie de 1900 à 1910. Vers 1903, il a rencontré sa femme, Katharine Rice, alors qu'elle était étudiante à l'Académie des Beaux-Arts de Pennsylvanie.


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Entre 1906 et 1910 il avait son atelier au 727 Walnut Street à Philadelphie. Katharine a été le modèle des femmes représentées sur nombres de ses cartes postales.


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Après 1910, Samuel Schmucker et Katharine Rice ont quitté Philadelphie pour Wilmington dans l'État de Delaware, la ville d'origine de Katharine.


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Bien qu'aucun acte de mariage n'ait été retrouvé, il semble qu'ils se soient mariés au moment où le couple a emménagé chez le père de Katharine, Edwin L. Rice, au 307 West 12th Street.


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Edwin Rice était un architecte de renom à Wilmington, où il a conçu de nombreux bâtiments importants au cours de sa carrière.


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En 1914, vers la fin de l'âge d'or des cartes postales, Schmucker a quitté Wilmington pour New York. Lors d'un recensement il a été noté comme habitant au 129 West 45th Street, près de Times Square, dans un quartier peuplé de nombreux artistes.


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Il a créé de nombreuses séries de cartes de vœux pour l'éditeur John Winsch, notamment à l'occasion des fêtes de Halloween, Noël, Nouvel An, Saint-Valentin, Pâques, Thanksgiving et la Saint Patrick.


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Pendant près de 10 ans, les œuvres de Schmucker ont été imprimées par deux des plus grands éditeurs de cartes postales aux États-Unis, la Detroit Publishing Company et la John Winsch Company.


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De 1915 jusqu'à sa mort en 1921, Schmucker a produit environ 130 dessins pour la National Art Company Postcard. Il a aussi conçu et peint des cartes postales pour Tuck and Sons à Londres et la Whitney Publishing Company à New York.


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Lorsque l'engouement pour les cartes postales a cessé, Schmucker a trouvé de nouveaux moyens de gagner sa vie, notamment peindre des boîtes de bonbons à la main et dessiner les étiquettes pour la Mirror Candy Company.


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Il a également travaillé en tant que comptable, puis il a ouvert une agence de publicité. Samuel Schmucker est décédé subitement d'une crise cardiaque à l'âge de 42 ans.


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La première carte de ce billet est de 1913, celles numérotées de 2 à 7 sont de 1911, celles de 8 à 15 sont de 1912, celles de 16 à 18 sont de 1913 et les deux dernières sont de 1914.


Si ce qui précède vous a intéressé(e), je vous incite vivement à cliquer sur ce lien qui vous ouvre le livre de la vie de cet artiste de grand talent avec des photos et de très nombreuses illustrations de son œuvre.


Sources pour la biographie de Samuel Schmucker.







©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2018

lundi 28 avril 2014

Le Cygne


Swan, Rush and Iris
Walter Crane - 1875
Victoria & Albert Museum, Londres (notice du musée)



Comme suite logique au billet précédent, après Le Vilain Petit Canard illustré Théo van Hoytema, un artiste hollandais qui fut un précurseur de l'Art Nouveau dans son pays, voici quelques images de cygnes, dont la plupart (mais pas toutes) appartiennent à l'Art Nouveau.



Zwanen In De Vijver (Cygnes sur l'étang)
Theo van Hoytema - 1898




Cygnes
Léon Spilliaert (1881-1946)




Cinq cygnes
Otto Eckmann - 1897
tapis exposé au Musée Danois des Arts Décoratifs
à Copenhague (notice)
On peut voir le pendant du tapis ci-dessus dans cette page.






Два лада (Double harmonie)
Mikhail Nesterov - 1905
Musée d'Art de Nijni Novgorod, Russie




La Princesse Cygne
portrait de Nadezhda Zabela-Vroubel dans "Le conte du tsar Saltan"
Mikhaïl Vroubel - 1900
Galerie Tretiakov, Moscou (lire la notice)




Dans l'étendue bleue
Arkady Rylov - 1918
Galerie Tretiakov, Moscou (notice)




Cygnes
Bruno Liljefors - 1938
collection privée (notice d'Artnet)




Cygnes
Bruno Liljefors (Biographie en français) - 1918
collection privée (notice de Bukowskis)




Cygnes en Automne
Hans Neumann Jr - vers 1925
collection privée (notice d'Aspire Auctions)




Endormies
Rupert Bunny - 1904
National Gallery of Victoria, Melbourne (notice du musée)




Le Cygne, Innocence
Élisabeth Sonrel - vers 1901
cette peinture fait partie d'un ensemble de 4 panneaux intitulé  Les Oiseaux
collection privée (lire la notice)




La lyre immortelle (légende d'Orphée)
Abel Boyé - vers 1895
Musée des Beaux-Arts de Bordeaux (lire la notice)




Schwäne (Cygnes)
Carl Theodor Thiemann (1881–1966)
collection privée (notice d'Artnet)




Les Muses
Émile Quentin Brin (1863-1950)
collection privée (notice sur Artnet)




Sully Prudhomme










































Pour terminer par un clin d’œil, voici une interprétation humoristique du Cygne de Camille Saint-Saëns, une pièce qui à l'origine n'est pas triste puisque elle fait partie de son Carnaval des Animaux, composé en 1886. Par la suite, ce morceau de violoncelle accompagné au piano est devenu célèbre pour avoir été utilisé en 1905 par Anna Pavlova pour sa chorégraphie intitulée La mort du Cygne.

Dans la vidéo ci-dessous, le violoncelle est remplacé par un violon, vous allez comprendre pourquoi






EDIT du lundi 28 avril à 16h

Michel Benoit (alias Avignon) et Miss Yves m'ayant suggéré d'ajouter un cygne noir à la collection de cygnes blancs de ce billet, voici ci-dessous une œuvre de Theo van Hoytema, l'illustrateur du Vilain Petit Canard, dont j'aime beaucoup les Cygnes sur l'étang que vous avez vus au début.



Cygnes Noirs
Theo van Hoytema (non daté)
collection privée (lire la notice de Christie's)




©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2014

samedi 19 avril 2014

Histoires d'œufs






Vous l'avez peut-être reconnue, l'image ci-dessus fait partie de celles qui illustrent Le Vilain Petit Canard.



Le Vilain Petit Canard
adaptation française par Cyrille Largillier




L'histoire d'œuf contée par Andersen est celle d'un original, un être pas comme les autres. Un être différent de tous ceux qui se réjouissent d'être fabriqués sur le même modèle. Un être étranger à ceux qui sont fiers d'appartenir à un cercle quelconque, à ceux qui considèrent comme quantité négligeable tous ceux qui sont exclus de leur coterie.







Le Vilain Petit Canard est aussi un conte moral qui met l'accent sur la dif­fé­rence, cette valeur essentielle, voire indispensable, à l'évolution de la vie.

Un conte qui nous met en garde contre les pré­ju­gés que tout un chacun peut avoir un jour ou l'autre à l'égard d'un étrange étranger.







Si personne, ou presque, n'ignore l'histoire du Vilain Petit Canard, par contre la vie de son auteur est moins connue. Cependant, ce sont les épreuves traversées durant son enfance et son adolescence qui ont inspiré ce conte à Hans Christian Andersen.







Dans l'histoire du Vilain Petit Canard tout commence par l'œuf extraordinairement gros que la cane découvre au fond de son nid, une fois que ses canetons sont tous sortis de leurs coquilles.







De nombreuses cosmogonies posent l'œuf à la base de la création de l'univers, car l'œuf contient en germe toute la diversité du monde.







Dans la mythologie finnoise, le Kalevala débute avec le récit de la formation du monde.

Au commencement, la déesse Ilmatar repose dans la mer. Son esprit vagabonde en rêve, lorsque tout à coup un oiseau apparaît réellement. C'est une cane qui cherche un endroit sûr pour y pondre ses œufs.







Ilmatar, alias Luonnotar, ayant sorti son genou de l'eau pour permettre à la cane d'y faire son nid, celle-ci commence à y couver ses œufs.

Alors que les œufs sont sur le point d'éclore, la chaleur engendrée par la couvaison de la cane devient si intense que la déesse finit par ne plus la supporter. Elle remue son genou, ce qui déséquilibre le nid et entraîne la chute des œufs.







Pour les finlandais, c'est ainsi que la Terre, le Soleil, la Lune et les Étoiles naquirent les uns après les autres des œufs d'une cane couvés sur le genou de la déesse Ilmatar et tombés en se brisant dans la mer.







Dans l'Edda de Snorri, on trouve mention d'un couple d'oiseaux qui vit dans le puits d'Urd, là où plonge l'une des trois racines d'Yggdrasil, l'Arbre du Monde. Ces oiseaux sont des « cygnes » et ils auraient fondé l'espèce qui porte ce nom.







Du point de vue symbolique, le cygne, oiseau d'Apollon, figure la lumière solaire. Quant à l'oie, elle représente la lumière lunaire. Dans les mythologies, cygne et oie sont souvent confondus.

Dans l'hindouisme par exemple, Hamsa, cygne ou oie, sert de véhicule à Brahmā couvant le Brahmânda, l'Œuf du Monde.







Pour les Égyptiens de l'Antiquité, c'est Amon qui a pondu l'œuf cosmique, alors qu'il avait pris la forme d'un oiseau de la même famille que les oies, les cygnes et les canards, l'Ouette d'Égypte.







Des œufs ont été trouvé dans des tombes égyptiennes et dans l'un des exemplaire du Livre des Morts, il est écrit :
Ô Atoum, donne moi la douce brise qui est dans ton nez ! Je suis cet Œuf qui était dans le Grand Jargonneur et je fais la garde de cette grande entité que Geb a séparée de la terre : si je vis, elle vit. Puissé-je redevenir jeune et vivre, et respirer la brise !

Ce souhait de résurrection, formulé par un défunt affirmant être l'Œuf qui se trouvait dans le ventre d'Amon, montre combien l'usage de l'œuf comme symbole de renaissance est ancien.







Dans le conte d'Andersen, après bien des vicissitudes Le Vilain Petit Canard finit par trouver ses pairs et se faire reconnaître pour ce qu'il est réellement : un cygne.







Pour Le Vilain Petit Canard, cette reconnaissance par les autres cygnes fut comme une nouvelle naissance, voire une véritable renaissance.







Dans la traduction de David Soldi (celle ayant servi de base au texte des images ci-dessus) l'histoire du Vilain Petit Canard se termine par un triomphe, lors duquel tous les enfants s'écrient « Le nouveau est le plus beau ! Qu’il est jeune ! qu’il est superbe ! ». Et les vieux cygnes s’inclinèrent devant lui.

Une apothéose qui rappelle d'anciennes fêtes païennes au moment de l'équinoxe de printemps, celui qui sert de base pour déterminer la date de Pâques, fête de la Résurrection.



Cygnus Olor
Keulemans Johannes Gerardus (1842-1912)
Bibliothèque du Museum d'Histoire Naturelle, Paris




Pour terminer ce billet en musique, voici Le Vilain Petit Canrd, librement adapté en 1939 par Walt Disney pour ses Silly Symphonies










Et maintenant
il ne me reste plus qu'à vous souhaiter


en musique :








+ un petit bonus pour Nathanaëlle qui adore les claquettes !








©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2014