mardi 2 novembre 2010

Art dernier

En ce jour dédié aux disparus, me revient en mémoire le fameux tableau d'Arnold Böcklin

 Arnold Böcklin "L'Île des Morts" version de 1880 conservée au  Kunstmuseum de Bâle
Pour une étude de ce tableau : cliquer ici

Il existe quatre autres versions de ce tableau, (dont une, détruite dans un incendie, à mettre au passé). Pour en savoir davantage sur les autres versions et voir celle de 1896, c'est là.

Arnold Böcklin "L'Île des Morts" version de 1883 conservée à la Alte Nationalgalerie à Berlin

Le tableau de Böcklin a inspiré à Sergueï Rachmaninov un poème symphonique, auquel il a donné le même nom que celui du tableau : "L'Île des Morts". Vous pouvez en écouter la première partie en cliquant sur ce lien. Pour une étude du poème symphonique de Rachmaninov et connaître les circonstances de sa composition, cliquez ici

Arnold Böcklin "L'Île des Morts" version de 1880 conservée au Metropolitan Museum of Art à New York


Dans ma bibliothèque, il y a depuis longtemps un petit opuscule de poésies de Guy Bornand, dans lequel j'ai trouvé ce poème qui a pour titre La Mort

Elle est là, tête-bêche avec la vie qui
n'en finit pas d'appareiller.

S'éloigne la souffrance, à chaque coup
de rame inachevé du cœur.

S'imprécisent des visages dont les mains
savaient tous les contours.

Comment ne pas reconnaître à cet affaissement du silence
la chausse-trape de la mort ?


Quelqu'un sonne à la porte de l'éternité
qui se trouve là, tout près,
comme au coin le la rue.

On vient d'achopper à la Vie.
S'est enfin trouvé le chemin perdu.
Dans son propre sillage.


Guy Bornand est également l'auteur des vers suivants :

A force d’être térébrants,
nous parviendrons, un jour,
à traverser la nuit.
 

De même, si nous suivons
la main courante des ruelles,
atteindrons-nous
les beaux quartiers de la lumière.
 

De même, si nous suivons
le corridor obscur
de notre mort.


Avignon, rue Pente Rapide

Merci à Jean-François Cholley, photographe avignonnais, d'avoir mis en ligne ce poème et de l'avoir si bien illustré.

© VesperTilia, echos-de-mon-grenier 2010

17 commentaires :

  1. Ah ! Vive la gaieté.
    Normal, mourir, c'est pour_rir(e).
    Quant aux pentes rapides, montez-les ! (Vous les trouverez plus dé(s)centes...)

    RépondreSupprimer
  2. En pleine forme Avignon !
    pas prêt de passer le gai;-).

    RépondreSupprimer
  3. A ce que j'ai pu en voir, la mort n'a rien d'une pente rapide, enfin pas pour la majorité des gens. Mieux vaux les remonter comme le dit Michel. J'adore les poèmes et la photo.

    RépondreSupprimer
  4. Fardoise :
    La majorité c'est 51%. J'espère faire partie des 49% qui bénéficient de la pente rapide !

    La photo de J.F. Cholley illustre parfaitement "De même, si nous suivons la main courante des ruelles, atteindrons-nous les beaux quartiers de la lumière."

    Sais-tu que Guy Bornand (qui a quatre-vingt ans cette année) vit dans le Vaucluse, plus précisément à Gargas où la bibliothèque porte son nom ?

    RépondreSupprimer
  5. Je ne connaissais pas ce poète, merci.

    Dans ma ville "natale" il y a aussi une rue de ce genre, "la rue des Gros Degrés"

    Bises.

    RépondreSupprimer
  6. Patriarch :
    Oui, oui, je me souviens de cette rue des Gros Degrés. Suite à tes billets, je suis allée la voir dans Goût-gueule et dans Flic-heure.
    J'aime bien cette photo-ci on dirait vraiment des marches gigantesques !...
    Bises en retour

    RépondreSupprimer
  7. Une île enchanteresse ... où l'on aimerait reposer. Si de plus elle est volcanique, pour les cendres ce serait parfait. Cela changerait de ces villes des morts dans les villes.

    RépondreSupprimer
  8. Jeandler :

    Une île enchanteresse ... tu parles du tableau de Böcklin ou de la musique de Rachmaninov ? Des deux, sans doute...

    Pour les cendres, je connais au moins deux personnes qui ont préféré garder l'urne de leur défunt conjoint à la maison... sur la cheminée.

    RépondreSupprimer
  9. Bon, DSL, je suis très très nul pour la poésie, en général (chacun ses propres défauts, n'est-ce pas ?)...
    Mais par contre, j'adore ce tableau de Böcklin, quel que soit l'une de ses trois versions !
    Curieux, ça, chez moi : la musique classique passe à 200% (vu que c'est mon métier), l'art pictural et la littérature aussi, mais bon, la poésie et la danse, j'ai beau faire un tout petit peu d'efforts, en général, je déteste ça, lol !

    RépondreSupprimer
  10. Vincent the One :
    Bizarre que pour un signe d'air tu n'aimes pas la danse... Serait-ce parce qu'elle focalise l'attention sur les danseurs plutôt que sur les musiciens ?

    Allez, fait encore un petit effort, et dis moi si cette ballerine, aérienne s'il en est, te laisse indifférent, ou pas ;-)

    RépondreSupprimer
  11. Et bien non, je n'aime pas du tout, en fait...
    Ceci dit, j'ai un peu exagéré, car c'est surtout la danse classique que je déteste ! Par contre, le rap, ça peut me faire marrer de temps en temps (notemment en haut des Champs-Elysées)... Et j'aime aussi beaucoup la danse orientale, notamment celle que l'on voit dans le très beau film indien de Satyajit Ray, "Le Salon de Musique" !

    RépondreSupprimer
  12. Vincent the One :
    Belle performance de la danseuse dans "Le Salon de Musique"... mais qui ne me séduit pas.
    Dans la genre oriental, je préfère le calme des attitudes hiératiques d'une danseuse Apsara du Cambodge.

    Ou, dans un tout autre registre, la danse de mon pays natal qui, sur une musique répétitive, présente une infinie variété de pas.

    RépondreSupprimer
  13. Arg, je déteste tous les deux...
    Comme quoi, et bien voilà, les gens peuvent avoir des goûts très différents, de temps en temps, lol !
    Comme par exemple, vis à vis de la très fameuse Björk, que j'adore, et dont je possède l'intégrale CD... Et bien, je ne connais personne au milieu : soit des gens qui en sont fous (like me), soit des gens qui la détestent à 200% !!!

    RépondreSupprimer
  14. Vincent the One :
    Björk ? Bof... :D

    RépondreSupprimer
  15. Vincent the One :
    Pour revenir dans le sujet, je te propose cette interprétation de la Totentanz.

    Mortel, non ? ;-)

    La mémoire des pianistes qui jouent "de tête" (la partition n'est là que pour le décor, personne ne tourne les pages) me sidère !

    RépondreSupprimer
  16. Un tableau que je ne connaissais pas et que j'aime ainsi que les poèmes qui célèbrent la mort.. et cette photo de la rue Pente-rapide qui me parle de chez moi.. Un beau billet!

    RépondreSupprimer
  17. Claudialucia :
    Merci, et bon voyage à Venise !

    RépondreSupprimer