dimanche 31 juillet 2011

Pom pom pom, prunes !

Aujourd'hui, la température est idéale, il y a un ciel à la Magritte, voilà de bonnes conditions pour aller faire un tour à la cueillette de Gally. À peine arrivés, direction le verger de pommes, vu que l'homme de ma vie ne conçoit pas son petit déjeuner sans pomme.

Jupe à rayures ou robe à pois,
pas de tenue exigée mais,
vu l'affluence, il est prudent de réserver !

Je ne sais pas au juste qui a dit "Une pomme par jour éloigne le médecin", mais cette maxime doit être imprimée en gras dans son subconscient. Renseignement pris, l'adage nous vient du Royaume-Uni. Ce qui semble accréditer l'anecdote, comme quoi sir Winston Churchill l'aurait prononcé en ajoutant "à condition de bien viser".

Beau temps sur Gally

Or, d'après cet article (in english) lorsque cette phrase a été publiée en 1866 dans la revue "Notes and Queries", le mot pomme aurait été employé dans son sens biblique !... Quoi qu'il en soit, manger des pommes ou croquer la pomme, c'est bon pour la santé.

Une allée du verger de pommes

Munis des sacs recyclables prélevés au distributeur en arrivant, nous avons donc parcouru les allées du verger de pommes, choisissant soigneusement des fruits à maturité.

Une autre allée bien garnie

Au fur et à mesure que notre récolte alourdissait nos sacs, le transport à bout de bras commençait à peser et je me pris à regretter de n'avoir pas pensé à emmener une de ces brouettes qui sont à disposition à l'entrée.

Momentanément abandonnée par un garçonnet en train de cueillir,
celle-ci n'était donc pas disponible !

Ensuite nous nous sommes dirigés vers le verger de prunes, qui se trouve à l'opposé de celui des pommes, traversant ainsi le vaste terrain sur lequel sont réparties les différentes cultures de la ferme. La marche aussi, c'est bon pour la santé !

Il y avait pas mal de monde en ce samedi après-midi

Les gens qui viennent à Gally sont très divers, tant par le niveau social que par les origines. En chemin nous avons croisé beaucoup de familles avec enfants. Nous avons notamment échangés quelques paroles avec un jeune couple d'asiatiques bien sympathique. Au moment où nous les avons rencontrés, le papa tenait son bébé d'un mois dans les bras en lui approchant une fraise de la bouche, alors que la petite fille était visiblement en train de dormir ! C'était une mise en scène, la maman les prenait tous les deux en photo.


Culture des courgettes sur seigle
(cliquer pour agrandir la photo)

Tout au long des allées, plus ou moins ombragées selon les endroits, des panneaux d'informations sont disséminés. Au passage, j'ai appris quelque chose sur l'utilisation du seigle comme régulateur du terrain. À Gally, les méthodes de cultures, sans être réellement biologiques, sont celles de l'agriculture responsable. Les pesticides ne sont employés qu'en dernier recours, quand toutes les méthodes naturelles ne sont plus efficaces, comme expliqué dans la vidéo ci-dessous.




Pour terminer nous sommes enfin arrivés au verger de prunes, où nous avons récolté deux bons kilos de reine-claudes succulentes (les mirabelles n'étant pas au mieux de leur forme cette année).


Entrée du verger de prunes

Au final, une bonne après-midi au grand air, dans un endroit des plus plaisant, si ce n'était le survol du site par un hélicoptère et, dans le verger de prunes, la proximité immédiate de la route à grande circulation. Les jardins de Gally ne sont pas ceux du paradis, il faut se faire une raison. Mais que de bonnes tartes en perspective !




©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2011
Texte et photos

jeudi 28 juillet 2011

Mûres Murs



Petite balade sur le chemin de halage en bordure de Seine



Pour les amateurs d'art, il y a à voir !



Par endroits, ce sont les amateurs de mûres qui sont au paradis.



Mais, chut ! pas de précisions de localisation.
On ne sait jamais, les murs ont des oreilles...



Cueillir des mûres parmi les orties,
une gourmandise qui ne manque pas de piquant !



Il arrive même qu'il y ait de la concurrence !



La lumière n'était pas fameuse, mais les mûres, si !



et par moments le soleil revient.




Mon homme et moi, on ne se promène pas souvent avec un panier.
Sauf quand on va aux champignons.
On préfère consommer sur place.
Un comportement plus cigale que fourmi.
Et vous ?


EDIT du 29 juillet
Quelqu'un pourrait-il identifier les petites prunes ci-dessous ? Nous nous en sommes bien régalés il y a une quinzaine de jours, sur ce même chemin de halage. Elles ressemblent beaucoup à des cerises par la couleur, par la taille et par le noyau, mais pas par leur peau, ni par la texture de leur chair qui est nettement celle des prunes...

Cliquez sur la photo pour l'agrandir



©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2011

jeudi 21 juillet 2011

L'été... quel été ?

Normalement,
l'été,
c'est au moins une chaise longue dans le jardin...

La dame en rose
Raoul Dufy - 1912
Musée de Grenoble


...ou une serviette de bain sur la plage.

Amphitrite
Raoul Dufy - 1935
Centre Pompidou, Paris


Et une légère brise estivale...

Vénus Anadyomène d'après Botticelli
Raoul Dufy - vers 1945
Centre Pompidou, Paris

...pour faire avancer la planche à voile.

Baigneuses en pleine mer et coquilles
Raoul Dufy - vers 1925
Centre Pompidou, Paris

Sauf que,
cette année 
l'été...

La dame en rose
Raoul Dufy - 1908
Centre Pompidou, Paris

...c'est plutôt le fauteuil dans le salon
que la chaise longue dans le jardin !




EDIT du jeudi 21 juillet à 17:00
La Dame en Rose n'est autre que la niçoise et modiste de profession, Eugénie Brisson (son nom de naissance), appelée Émilienne Dufy après son mariage avec Raoul, en 1911.


Portrait de Mme Raoul Dufy
Raoul Dufy - 1930
Musée des Beaux-Arts, Nice
notice du musée

Autre portrait d'Émilienne Dufy, sur un carreau de céramique réalisé par Joseph Llorens Artigas céramiste et critique d'art catalan, collaborateur de Dufi, Braque et Marquet, surtout célèbre pour sa collaboration avec Joan Miró :

Carreau au portrait d'Émilienne Dufy
par Raoul Dufy et Joseph Llorens Artigas
daté du 9 novembre 1924
Musée des Arts Décoratifs, Paris
notice du musée

Pour terminer ce billet consacré en grande partie à l'épouse de Raoul Dufy, dont l'expression morose reflète bien mon humeur actuelle en ces journées automnales de juillet ! voici un de ses premiers portraits...

Mme Dufy
Raoul Dufy - 1916
(aquarelle sur papier)
Musée des Beaux-Arts, Grenoble

...suivi de  l'un de ses derniers, un lavis sur papier. Portrait forcément réalisé dans le premier trimestre de l'année 1953, puisque son époux Raoul est décédé d'une crise cardiaque au tout début du printemps de cette année-là (dans sa soixante-seizième année).

Madame Dufy
Raoul Dufy - 1953
(lavis sur papier)
Musée Tavet-Delacour, Pontoise

Au final, les nombreux portraits d'Eugénie-Émilienne, peints par Dufy entre 1908 et 1953, semblent témoigner d'un amour indéfectible de Raoul pour sa Dame en Rose.


©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2011

mercredi 13 juillet 2011

Fireworks

Actuellement, je suis en "mode vacances"...

Vue des feux d'artifice donnés sur la Tamise le 15 mai 1749
(image Wikimedia Commons)


...ce sera donc service minimum pour ce billet de circonstance ;-)

Feu d'artifice à Venise (pastel)
Lucien Lévy-Dhurmer - 1917
Musée du Petit Palais, Paris

Que vous assistiez, ou non, au traditionnel feu d'artifice...

Feu de bengale à Versaillese (pastel)
Lucien Lévy-Dhurmer
Musée du Petit Palais, Paris


...ou à un spectacle pyrotechnique musical plus élaboré...

Grand jet d'eau et feu d'artifice (pastel)
Gaston  La Touche - entre 1854 et 1913
Musée d'Orsay, Paris - notice du musée

 ... je vous invites à me laisser un écho de votre soirée...

Nocturne en noir et Or, chute d'une fusée
James Abbott McNeill Whistler - 1875
Detroit Institute of Arts - notice du musée


... soyez-en chaleureusement remercié(e)s




Bonne soirée et bonnes vacances à tous et à toutes !



©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2011

mardi 5 juillet 2011

Première chandelle

Jeune femme à sa fenêtre, avec une chandelle allumée
Gerrit Dou, env. 1660
Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid - notice du musée


Voici un an (déjà !) j'ouvrais ce grenier où j'aime à entreposer maintes choses qui m'enchantent. Des trésors de peinture, bien sûr. Mais aussi des images insolites et des textes amusants (ou l'inverse), ainsi que quelques photos, pas toujours très réussies ! ayant de gros progrès à faire dans le maniement de mon APN. Sans oublier quelques savoureuses poésies et des musiques diverses et variées.

Illustration pour l'ouverture de ce blog le 5 juillet 2010

L'image de départ de ce blog est issue de l'une des fresques de la salle capitulaire de la Cappella Migliorati de l'église San Francesco de Prato, peintes par Niccolò di Pietro Gerini (avec la collaboration de son fils Lorenzo di Niccolò Gerini et d'Agnolo Gaddi, dixit Wikipédia).

Niccolò Gerini - vers 1380
Cappella Migliorati - Église San Francesco, Prato
crédit photo : Museo Virtuale Pratese

D'après la note accompagnant la reproduction ci-dessous, cette fresque est d'ordinaire considérée comme une représentation de marchands, ou de banquiers italiens (un exemple dans cet article).

L'appel de saint Matthieu
fresque de Niccolò Gerini vers 1380
Cappella Migliorati - Église San Francesco, Prato
crédit photo

Mais en réalité, la fresque représente la vocation d'un certain Lévi, publicain de son état, autrement dit collecteur d'impôt, ou plutôt douanier pour le compte des Romains, dans la petite ville de Capharnaüm, en Galilée. Ce Lévi est le futur saint Matthieu qui fut appelé par le Christ, lui demandant de tout quitter pour devenir l'un de ses disciples. Il est écrit qu'il se leva sur l'heure et abandonna sa charge pour le suivre. Un épisode biblique relaté par Matthieu lui-même (IX, 9-13) ainsi que par Luc (V, 27-32) et Marc (II, 13-17) dans leurs évangiles respectifs qui, contrairement à Matthieu, l'appellent Lévi.

La vocation de saint Matthieu a fait l'objet de plusieurs tableaux.

Le plus célèbre d'entre eux étant sans aucun doute celui que Le Caravage à terminé de peindre en 1600 pour la chapelle Contarelli consacrée à la vie de saint Matthieu dans l'Église Saint-Louis-des-Français à Rome.


La vocation de saint Matthieu
Le Caravage - 1600
Église St Louis des Français, Rome
article de Wikipédia sur ce tableau


Le Caravage ayant fait école, sa Vocation de saint Matthieu en a inspiré d'autres. Le tableau de Jan Van Bijlert (ci-dessous) fait partie de ceux où l'influence caravagesque est la plus flagrante.


Roeping van Mattheus (L'appel de Matthieu)
Jan Van Bijlert - vers 1625
Museum Catharijneconvent, Utrecht


Dans le courant du caravagisme, l’École caravagesque d'Utrecht (dont Van Bijlert fait partie) occupe une place prépondérante. Un de ses chefs de file, Hendrick ter Brugghen, a peint au moins trois versions de l'Appel de saint Matthieu.


L'appel de saint Matthieu
Hendrick ter Brugghen - 1616
Magyar Szépmüvészeti Múzeum,  Budapest (notice du musée)


Visiblement passionné par son sujet, Hendrick ter Brugghen multiplie les prises de vues. Mis à part le geste du Christ, par son nombre de protagonistes élevé - huit, sans compter le chien - sa version de 1620 (ci-dessous) est beaucoup plus proche de celle du Caravage que celle de 1616.

La vocation de saint Matthieu
Hendrick ter Brugghen - 1620
Musée des Beaux-Arts, Le Havre - voir la notice


L'année suivante Hendrick ter Brugghen revient à une scène plus réduite, avec "seulement" six personnages et un cadrage plus resserré.

L'appel de saint Matthieu
Hendrick ter Brugghen - 1621
Centraal Museum, Utrecht - notice du musée


Un autre peintre de l’École caravagesque d'Utrecht, Matthias Stom (ou Stomer) a lui aussi peint la scène où le Christ appelle un nouvel apôtre. Et là aussi l'influence du maître saute aux yeux, Stom reprenant les mêmes coiffures que Le Caravage pour Matthieu et pour le jeune homme au béret à plume, ainsi que la fine auréole au dessus de la tête du Christ.

L'appel de saint Matthieu
Matthias Stomer - vers 1629
Palais californien de la Légion d'Honneur, San Francisco
(photo courtoisie)


Un siècle après  La Vocation de saint Matthieu par Le Caravage, un autre peintre hollandais, Arnold Houbraken, a repris ce thème, toujours dans la veine caravagesque, avec toutefois une ouverture dans le fond du tableau. L'ouverture vers le ciel est très rare dans la peinture du Caravage. Recherches faites, il semble que la nature en arrière plan n'apparaît que dans "Le repos pendant la fuite en Égypte" et "Le sacrifice d'Isaac".

La vocation de saint Matthieu
Arnold Houbraken - vers 1710
Dordrechts Museum, Dordrecht - notice du musée

La notice du musée étant en néerlandais, voici l'information intéressante (traduite par Google) qu'elle contient : cette peinture a été réalisée en vue d'une édition illustrée des Évangiles, dans laquelle de nombreuses gravures bibliques conçues par Houbraken ont été incluses.



Retour au sujet de départ pour terminer ce billet.
Voici une autre dame à la chandelle.


Vieille femme à la chandelle
Matthias Stomer - 1640
Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg - notice du musée

Plus âgée que la jeune femme du début, elle pourrait être sa grand-mère. Elle semble préoccupée par ses maigres ressources et elle n'est pas la seule ! Celle qui figure au musée de Grenoble sous le titre "L'avarice" n'a pas l'air plus fortunée...

L'avarice
Matthias Stomer - vers 1650
Musée des Beaux-Arts, Grenoble
(photo courtoisie)


©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2011