samedi 20 octobre 2018

Punaises !








Encore une histoire d'insectes ! Oui, mais ceux-ci sont d'autant plus intéressants que vous risquez de rencontrer chez vous la punaise que j'ai découverte récemment. Je vous rassure tout de suite, c'est une bestiole totalement inoffensive.

Le neuf octobre, j'étais à mon ordinateur lorsque mon mari est venu me voir pour me montrer ce qu'il avait dans la main. "Regarde un peu ce que je viens de trouver, je n'ai encore jamais vu ça" me dit-il...









La bestiole était morte. Sans doute après s'être débattue dans une toile d'araignée, supposition en rapport avec les débris de filaments restant collés à son corps.

En la voyant ainsi, j'ai pensé à une sorte de mouche. Sauf que, si je l'avais regardé plus attentivement et de plus près (avec une loupe, par exemple) je me serais aperçue qu'elle n'a pas une tête de diptère.

Finalement, après moult détours et contours sur la toile mondiale, j'ai réussi à percer son identité : Leptoglossus occidentalis, cliquez sur ce lien pour la rencontrer. C'est une punaise, mais pas l'une de celles qui ont l'habitude de fréquenter les environs de chez moi, telle la jolie punaise verte que j'ai placé en tête de ce billet. Ce que mon mari a découvert dans son bureau, c'est bien la Punaise du Pin, cliquez sur le lien et vous découvrirez entre autres le dimorphisme sexuel de la "Punaise américaine".

Le lendemain de cette découverte , vers trois heures de l'après-midi, j'étais dans la cuisine quand une punaise verte est venue frapper au carreau.








Par chance, mon appareil photo était à portée de main et j’eus tôt fait de mettre la visiteuse inattendue dans ma boîte à images. Heureusement, car l'instant d'après elle avait disparu, remplacée par... une punaise du pin !


Je tenais toujours mon appareil en main et j'ai pu également mettre en boîte cette nouvelle visiteuse, juste avant qu'elle ne disparaisse à son tour, lorsque j'ai ouvert l'autre battant de la fenêtre pour tenter de photographier sa face dorsale.









Ma curiosité était piquée au vif. Cette punaise venait sûrement des environs, sans doute du pin planté au bout de mon immeuble. Sitôt pensé, sitôt fait. Me voilà en bas de chez moi en train d'inspecter le tronc du pin en question.

Rien trouvé sur le tronc ni au sol parmi les aiguilles de pin. J'allais repartir bredouille lorsque, coup de chance ! contre toute attente j’aperçois ce que je cherchais sur le trottoir, là où un insecte risquait fortement de se faire écraser.








Nouveau coup de chance, la bestiole est vivante, entière mais peu vivace. Elle m'a l'air en fin de vie. Ayant avisé une feuille de lierre qui se trouve opportunément à portée de main, je la pousse à l'aide d'une aiguille de pin pour la faire monter sur la feuille sans qu'elle oppose beaucoup de résistance, à peine quelques mouvement de ses antennes.









C'est en pensant à l'un de mes petits-fils intéressé par les insectes que je m’apprête à ramener la bestiole chez moi. Lorsque je croise le gardien de la résidence, auquel j'avais parlé précédemment des Punaise du Pin, je lui montre ma trouvaille, immobile sur la feuille de lierre que je tiens précautionneusement entre mes mains. En la voyant, il me confirme que c'est bien l'une de ses semblable qu'il a, lui aussi, observée en train de rentrer chez lui par une fenêtre entrebâillée.

Deux autres pins se trouvant à proximité de la loge du gardien, il n'y a aucun doute sur la provenance de celles que j'ai photographiées. N'en ayant jamais aperçues les années précédentes, c'est donc seulement depuis cette année que Leptoglossus occidentalis est venu coloniser nos pins.








Sur la photo ci-dessus, j'ai rassemblé les deux Punaise du Pin que j'ai conservées afin de les montrer à mon petit-fils. La première trouvée morte dans l'appartement, ainsi que la seconde, décédée dans la nuit qui a suivi son transfert à l'aide d'une feuille de lierre, bien que je l'aie installée dans une boite aérée contenant une goutte d'eau dans un coin au cas où.








Comme je l'ai mentionné plus haut, celle qui se tient encore sur ses pattes était très certainement en fin de vie, car était déjà immobile sur un trottoir de la résidence quand je l'ai découverte par hasard à proximité d'un pin.









Environ une heure après la découverte de la Punaise du Pin que j'ai rapportée chez moi, j'ai fait la photo de la punaise verte ci-dessus (celle qui figure en gros plan au début de ce billet). Cette toute autre punaise (prenant le soleil sur un des barreaux de la balustrade de mon balcon) est totalement différente de la punaise du pin.

Nezara viridula, (c'est son nom scientifique) se trouve souvent dans les cultures, alors que sa cousine Palomena prasina (ou punaise des bois) s'observe de préférence dans les parcs et jardins ombragés, ou en lisière de forêt. En automne, ces deux punaises vertes (qui normalement deviennent brunes à l'approche de l'hiver) cherchent à pénétrer dans les habitations afin de se mettre à l'abri pour hiberner.

Après cet intermède vert, revenons à la Punaise du Pin, car trois jours après mes premières observations (le 12 octobre) j'ai eu à nouveau la chance de capturer un (ou une) Leptoglossus occidentalis dans ma boîte à image. Tout comme les punaises vertes la Punaise du Pin n'aime pas le froid et s'efforce de rentrer dans les maisons.








Sur la photo ci-dessus on remarque bien, sur ses ailes, la ligne blanche en zig-zag qui la distingue des autres espèces de punaises avec lesquelles on pourrait la confondre, tel le Réduve Masqué.

Pour s'alimenter (en perçant les graines des pommes de pin pour en aspirer le suc) Leptoglossus occidentalis possède un long rostre caché sous son abdomen. Pour voir cette "paille" quelque peu  impressionnante, cliquez sur ce lien.

Baptisée par certains auteurs "Punaise américaine" en raison de son origine, j'ai eu un doute sur l'origine de la Punaise du Pin en découvrant un insecte qui lui ressemble assez sur une planche peinte au XVIIe siècle par un artiste hollandais.








Concernant les insectes, rien n'est jamais certain. Il arrive assez souvent que les entomologistes rectifient leurs classements en fonction de leurs nouvelles observations.




Sept insectes
Pieter Withoos (Amersfoort 1654/55 - 1692 Amsterdam)
Harvard Art Museums




Bonus :






Pardon, aux phobiques des insectes pour la longueur de ce billet. Merci de votre attention, à celles et ceux qui ont été intéressé(e)s et bonne fin de semaine, à tout le monde.





©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2018
Texte et photos

35 commentaires :

  1. Dupin était le patronyme de George Sand, punaise.
    Mais c'est une véritable activité d'entomologiste que tu entames au logis !
    Il est un autre Fabre qui aime les punaises.
    (lui, c'est Jan.)
    Mais il est plutôt "coléoptère"...
    Glop, glop...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui Jan Fabre, c'est plutôt les scarabées. Il a sa statue à Avignon, dans le jardin de l'École des Beaux-Arts, si je ne me trompe...

      Supprimer
    2. Exact, Jan qui rit et Jan qui pleure.
      Mais je ne sais pas si la bande son marche encore depuis les dégradations qu'il avait subies dans le verger d'Urbain V où il était installé à l'origine.
      Au verger en octobre 2008.

      Supprimer
  2. Vraiment, tu cherches la petite bête!!!

    Phobique des insectes, je le suis.
    (et ded reptiles encore plus)

    Rétrospectivement, je suppose avoir vu , sur les rideaux d’un hôtel à Venise, la «  punaise diabolique « dont on parle, à moins que ce ne fût « une des punaises vertes qui devient brune à l’approche de l'hiver et qui cherche à se réfugier dans les maisons « 

    RépondreSupprimer
    Réponses

    1. des reptiles 🦎
      ..............,

      Bien sûr, bien que phobique, je dis aussi « bravo »pour tes recherches.

      Supprimer
  3. MDR pour le commentaire de Miss. Effectivement, tu cherches la petite bête mais avec ténacité, tu trouves les réponses à toutes tes questions. Je ne suis pas une grande fan des insectes et quand j'en vois un qui essaie de rentrer chez moi, je lui signifie qu'il n'est pas le bienvenue.
    Mais ton reportage est intéressant car je ne savais même pas qu'il existait différentes sortes de punaises. Ma préférence va quand même à le punaise verte... que je trouve un peu plus sympathique. Quant aux punaises de pin, je devrais en avoir pas loin de chez moi dans la pinède du bois de Finges. Bises alpines et belle journée madame la tête chercheuse.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tiens moi au courant si tu as aperçu des punaises du pin dans la pinède près de chez toi. Mais d'après les informations à son sujet, cette bestiole n'aime pas le froid, il y a donc peu de chance qu'elle se risque en altitude...
      Bises de la curieuse des Yvelines à la dame des Alpes.

      Supprimer
  4. C'est malin, ça me démange de partout maintenant !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous grattouille ?

      Supprimer
  5. Bon, les punaises ne sont pas particulièrement les bestioles auxquelles on a envie de faire des câlins....mais dans la triste disparition des espèces j'ai été ravie d'en découvrir dans mon jardin !

    RépondreSupprimer
  6. https://www.lci.fr/sciences/paris-les-punaises-diaboliques-envahissent-les-maisons-comment-s-en-debarrasser-2101885.html

    Déprimant !
    Après le moustique tigre, les frelons asiatiques, la punaise diabolique!
    Des espèces disparaissent, certes, (je ne vais pas pleurer non plus sur la disparition des dinosaures) mais d'autres apparaissent et prolifèrent.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Attention à ne pas mettre dans le même sac les punaises qui vivent dans la nature et ne piquent personnes (rien à voir avec les punaises de lit hématophages) et les moustiques qui propagent des maladies ou les frelons dont le venin peut occasionner des accidents parfois mortels.

      En outre, les frelons asiatiques s'attaquent à nos abeilles (qui n'avaient vraiment pas besoin de ça vu que le Gaucho fait déjà des ravages dans leurs rangs) alors que les frelons de nos contrées les laissent tranquilles.

      Les insectes venues d'Asie ou d'Amérique sont le résultats des échanges commerciaux occasionnés par la mondialisation. Tout le mal vient de là.

      Supprimer
  7. Une punaise diabolique... très envahissante !

    La punaise diabolique, Halyomorpha halys, est une punaise originaire d'Asie, observée depuis 2012 dans les pays du Sud de l'Europe. Elle est présente en France depuis un an ou deux, et a été signalée dans plusieurs régions ainsi qu'à Paris. Elle apprécie les milieux urbains, les jardins, et la proximité de bâtiments. Cette punaise est facilement reconnaissable (impossible à confondre avec la punaise verte) : assez grosse (1,7cm de long pour l'adulte), de couleur grise et brune (on l'appelle aussi punaise marbrée), elle présente des motifs clairs et réguliers sous le bord des élytres.

    Outre qu'elle pénètre dans les habitations à l'automne (on peut compter des dizaines voire des centaines d'individus dans certains bâtiments), elle est un ravageur des cultures : elle s'attaque aux organes végétatifs et aux fruits d'environ 120 plantes différentes, notamment au verger et au potager, mais également au jardin d'ornement. Enfin, c'est une espèce invasive : en tant que telle, elle se multiplie au détriment des espèces autochtones.

    Elle est également présente en Italie, en Allemagne, en Suisse, en Hongrie ; aux Etats-Unis, elle représente une véritable nuisance. Bien qu'inoffensive pour l'homme et les animaux domestiques, elle peut, dans de rares cas, occasionner des allergies.
    Signalez la présence de cette espèce invasive..
    j'ai photographié cette punaise plusieurs fois...!
    un mini léopard :))) bises

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'article de Wikipédia indique que la "punaise diabolique" (Halyomorpha halys) ne doit pas être confondue avec deux autres espèces qui ne ravagent pas les cultures, dont la punaise nébuleuse... qui ressemble plus à ton "mini léopard" que la punaise diabolique !

      Bises (angéliques :-))

      Supprimer
  8. la photo est chez gerbaud..
    https://www.gerbeaud.com/nature-environnement/punaise-diabolique-halyomo

    RépondreSupprimer
  9. Mais je n'ai pas réussi à voir la photo (erreur, paraît-il)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Chez moi non plus le lien indiqué par Elfi ne fonctionne pas.

      Le physique de la punaise diabolique (ou punaise marbrée) n’a rien d’effrayant. C'est son comportement envers les cultures qui lui vaut son surnom infernal !

      Supprimer
  10. Bonsoir Tilia, la punaise du pin pue-t-elle autant que ses consoeurs ou moins? Parce que pour l'odeur désagréable, pardon elles s'y entendent oh punaise!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. N'ayant pas pour habitude d'aller renifler les punaises sous leurs jupes, je ne peux pas répondre à la question :-))

      Supprimer
  11. Punaise ! Quel intéressante publication !
    Ce n'est pas le genre d'insectes que j'affectionne particulièrement. Ta punaise du pin a des pattes de sauterelles.
    Elfi complète bien ton article.
    Les punaises je m'en passe bien d'autant qu'elles ne sentent pas la rose.
    Bises d'automne.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Très juste ! Tu as parfaitement observé ce que j'avais moi aussi remarqué sur les pattes arrières de cet insecte (une particularité assez surprenante).
      Je suppose que ses "pattes de sauterelles" permettent à la punaise du pin de s'envoler depuis le sol...
      Bises d'octobre finissant (bientôt Halloween !)

      Supprimer
    2. J'ai observé les sauterelles quand j'était gamine en vacances dans le Berry, je n'ose te dire ce qu'on faisait avec, sans toutefois leur arracher les pattes.
      Bises du 24 octobre.

      Supprimer
  12. "Pinaise !" s’écrie souvent Homer Simpson (la vidéo est très courte)
    Quant à moi je trouve des petites punaises souvent en ce moment, sur mon bureau, dans la salle de bain, sur le linge qui sèche dehors, et lorsque je les prends pour les enlever ou les mettre dehors j'ai droit sur la main à leur odeur très caractéristique.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est la punaise de lit que je crains. Ma fille en a été infestée, du moins sa maison et elle a eu un mal fou à s'en débarrasser, faut dire que sa maison est en bois, avec donc beaucoup de recoins. Son compagnon et elle ont beaucoup de déplacements et c'est dans les valises qu'elles voyagent, les pestes.
      Ceci étant dit les insectes inconnus sont très, très nombreux. Chacun occupe une niche et si on en éradiquait in ne sait quelle conséquence cela aurait.
      Tu t'es montrée passionnée comme toujours, en cela tu me fais penser au père dans "vipère au poing" entomologiste assidu. A une époque je circulais sur Google+. Il y a vraiment des amoureux très pointus dans ce domaine qui arrivent à te rendre accro toi aussi. Par exemple Mandy, Jean-Yves, Remi, Rigobert...

      Supprimer
    2. Coucou Tilia, rapidement avant de mettre les voiles pour dix jours : mon téléphone est le Doro 8042, ce n'est pas moi qui l'ai choisi mais mon mari. Il m'a même acheté une coque à clapet pour le protéger
      Toute la petite famille voulait que je puisse me connecter sur internet depuis mon téléphone mobile afin de contribuer à Whatsapp. Finalement j'en suis contente. Il n'est pas "ringard" d'aspect. Il fait des photos pas trop mal à condition de tenir compte de la lumière. Quant à son utilisation qui est simple, tu devrais t'en sortir sans peine, je te fais confiance. Et tu as tes enfants et tes petits enfants pour te montrer des trucs
      Bises

      Supprimer
  13. Merci pour tout cela ! Je regarderai de plus près les prochaines que je croiserai !

    RépondreSupprimer
  14. Punaise ! quelle famille que ces insectes ...
    bravo encore pour ce billet qui permet de reconnaître quelques petites bêtes proche des maisons.
    je te souhaite une douce journée en attendant la pluie annoncée
    Bisous Tilia

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci, Josette, la pluie est arrivée dans l'après-midi. Y en aura-t-il assez pour faire pousser les champignons ? ça c'est une autre histoire !...
      Grosses bises

      Supprimer
  15. Je ne suis pas très orientée punaises mais je vais me pencher sur le problème comme sur celui des coccinelles qui ont partagé la chambre qui m'avait été attribuée lors d'un récent séjour en Auvergne... importées d'Asie pour lutter contre les pucerons: quelle hérésie! Je reviendrai pour lire plus attentivement, le temps me manque.

    RépondreSupprimer