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vendredi 22 septembre 2017

1ère récolte d'automne






Hier, 21 septembre, nous avons ouvert la chasse aux champignons. Ce n'était pas encore tout à fait l'automne, qui cette année débute aujourd'hui, mais les agarics anisés et les coulemelles étaient au rendez-vous, dans notre petit coin secret.

Quelques bolets à chair jaune ont complété notre récolte.



Minuscule bolet à chair jaune
pas plus grand qu'une allumette !


Parmi les coulemelles, il en existe deux, fort semblables d'aspect, qui cependant diffèrent par leur odeur et la couleur de leur chair.

La meilleure est la Lépiote élevée, ou Coulemelle. Elle dégage une bonne odeur, très appétissante, qui me rappelle celle de l'omelette.

La seconde, qui m'attire moins en raison de son odeur acide peu agréable, c'est la Lépiote déguenillée ou Coulemelle rougissante.


Nos coulemelles et bolets à chair jaune



Ces deux coulemelles sont cependant de bon goût et mon époux s'est régalé avec les "rougissantes" tandis que j'en faisais de même avec les coulemelles "bien élevées" !

Quant aux agarics des bois, alias agarics anisés, je les ai fait cuire hier soir et nous nous en sommes régalés ce midi avec des spaghettis au quinoa. Pas de viande pour ce repas là, les champignons contiennent assez de protéines pour s'en passer.


Notre récolte d'agarics des bois





Comme hier je n'ai pas eu le temps de faire des photos de la forêt, en voici une qui date un peu (5 octobre 2011) mais qui  montre un bien curieux champignon...






EDIT du Samedi 23 septembre 2017

À l'intention de celles et ceux qui ont admiré le minuscule bolet à chair jaune (cueilli au pied d'une souche) voici sa photo non recadrée ainsi que celle que j'ai prise aujourd'hui dans les mêmes condition en ajoutant cependant une allumette pour donner l'échelle, dommage qu'entre temps il se soit un peu ratatiné !


Hier



Aujourd'hui






©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2017

vendredi 30 juillet 2010

Les envahisseurs



Depuis que j'ai repris mon bâton de champignonneuse début juillet, je n'arrête pas de les voir déambuler.

Solitaires ou en troupe, ils cheminent à travers la forêt. Ils sont partout !

D'accord, la forêt touche Maisons-Laffitte et ses laies servent de défouloir, voire de pistes d'entraînement, aux palefrois des environs qui, pur-sang ou pas, crottinent au  milieu du passage quand ça les prend.

C'est bon pour les champignons, me direz-vous... Oui ! dans les champignonnières, pour les champignons de couche.

Dans la forêt, je n'ai jamais vu pousser le moindre champignon comestible sur un tas de crottin. Par contre, les tas fumants attirent les stercoraires et ils y pullulent. C'est quoi ça, un stercoraire ? ben c'est une bestiole qui "bouffe" (pas d'autre mot) des excréments. Sous ce mot se cachent d'autres choses peu ragoûtantes, mais ce n'est pas mon propos.

Dans la famille des scarabées stercoraires, ou coprophages si vous préférez, communément appelés "bousiers", l'Anoplotrupes stercorosus est très répandu dans nos forêts.


Anoplotrupes stercorosus(photo de M. Chevriaux)


Il envahit spécialement chemins et sentiers, allez savoir pourquoi. Sans doute est-ce plus facile pour lui, comme pour nous, de s'y déplacer. Ce scarabée est reconnaissable à ses antennes taillées en brosse et surtout à sa couleur bleue métallique, aux reflets d'améthyste bien visibles lorsqu'il se retrouve les quatre fers en l'air. Mésaventure qui lui arrive à tout bout de champ (ou plutôt à tout bord de chemin) et qui lui est souvent fatale. Bêtes ou gens ne regardant guère où ils posent leurs pieds, les écrasés sont quasiment aussi nombreux que les pullulants.

Attention cependant à ne pas confondre l'Anoplotrupes avec les bousiers, tel que le "Scarabée sacré" Scarabeus sacer, rouleur professionnel de bouse pharaonique qui se dore la pilule depuis des millénaires sur les rives du Nil.

En principe, notre Anoplotrupes (cousin très proche du Geotrupes stercorarius) nait dans le crottin et s'y nourrit au début de sa vie. Par la suite, il ne crache pas sur les petits cadavres de bestioles qui ont eu la malchance de se trouver sur le parcours d'un canasson ou d'un vététiste. J'en ai eu la preuve dernièrement en découvrant le spectacle horrifique du cadavre de ce qui m'a semblé être une musaraigne au dos sanguinolent, entourée et comme portée par la meute des scarabées affamés se bousculant autour du festin.

C'est un individu de cette même engeance que j'ai rencontré peu après et que j'ai dû déloger du pied d'un beau cèpe que je venais de cueillir. Il y était quasiment enfoui, tout occupé à se remplir la bedaine. En le virant, je lui ai dit "Dégage ! hé, bouseux !".


cèpe vandalisé par deux compères en plein gueuleton

Bon, ceci dit je ne lui ai pas fait de mal, je l'ai simplement viré de MA pitance.

Déjà qu'à l'automne il faut se battre avec les limaces et qu'en tout temps les asticots sont toujours les premiers servis, faudrait voir à ne pas en rajouter, non mais, ho !

Maintenant, n'allez pas croire que je lui en veux. Ni à lui, ni à ses congénères. En fin de journée, alors que je venais d'arriver dans une clairière, j'ai été prise de pitié devant le spectacle amusant d'un de ces pauvres petits envahisseurs qui tentait maladroitement et sans succès de s'envoler depuis le sol...

Je me suis penchée vers lui et je lui ai tendu la main. Après quelques hésitations il a fini par y monter. Alors je me suis redressée et au bout d'un court instant, j'ai eu le plaisir de vivre en direct exactement le même scénario que celui qui est décrit en images au bas de cette page, par André Lequet qui, lui, observait dans sa véranda un scarabée sacré.

Sauf que le mien se trouvait en plein air et, qu'après un décollage impeccable, il s'en est allé tout droit en vrombissant, sans même me dire merci !


Piètre récolte, juste de quoi faire un brouet !

Post scriptum pour les fendus d'entomologie : Anoplotrupes stercorosus a un frère jumeau Geotrupes stercorarius, dont il n'est pas facile (voire quasiment impossible) de le distinguer.
Jugez plutôt. Je cite Alain Ramel qui, au milieu de cette page de son site, nous explique ceci : "on reconnait Anoplotrupes par ses 2 carènes externes des tibias postérieurs en plus de la carène apicale ; il n'y en a qu'une chez Geotrupes" !!! Visualisation ici.


© VesperTilia, echos-de-mon-grenier 2010
texte et photos (sauf mention spéciale)


Edit :
Une espèce menacée
Le bousier tend à disparaître des pâtures d'altitude et des alpages, victime de bouses empoisonnées. Cherchant à protéger leurs bêtes d'un insecte parasitaire, les éleveurs leur font ingérer un insecticide. Celui-ci imprègne les bouses, empoisonnant les insectes coprophages.