Affichage des articles dont le libellé est Séïsmes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Séïsmes. Afficher tous les articles

lundi 14 mars 2011

Jardin sauvage


Le printemps arrive à grands pas, la température remonte, les arbres ont entamé leur floraison et j'ai follement envie d'un jardin, mais pas n'importe lequel, j'aimerais un jardin sauvage.
Un jardin sauvage... qu'est-ce donc ? me direz-vous. C'est assez paradoxal, j'en conviens. Alors voyons un peu ce dont il s'agit.

Un jardin sauvage est un pan de nature locale dans un enclos. Les plantes indigènes y fleurissent, fanent et fructifient librement, tout en offrant un refuge à la petite faune des alentours. Sa particularité est basée sur une forte présence de plantes poussant spontanément sur les lieux, mais n'exclue pas celle de végétaux de la région, transplantés ou semés.

En principe, pas de rosiers dans un jardin sauvage, puisqu'il n'en existe plus guère de non cultivés. Sauf si  vous avez la chance d'avoir dans votre environnement des rosiers sauvages, ou, comme les appellent nos amis canadiens, des rosiers indigènes.

Bien que semblable par certains aspects, profusion et débordement des plantes sur les allées notamment, le jardin sauvage diffère sensiblement du jardin anglais.


In a summer garden (détail)
Helen Paterson-Allingham
(date et localisation inconnues)


Les principes du jardin sauvage visent à préférer la sociabilité des plantes, plutôt que l'harmonie de couleurs, ou de fleurs, qui n'a pas de réalité dans la nature.

Pour créer un tel jardin, il faut accepter la liberté de la nature. La végétation côtoie les constructions, murets, clôtures, il n'y a pas de rupture entre jardin et maison. Un tas de bois ou de feuilles, une souche, une rocaille sont autant d'abris pour la faune, même si cela donne une impression de laisser aller…


Hot Afternoon (détail)
Alfred Parsons
(date et localisation inconnues)


Un jardinier irlandais, William Robinson, serait à l'origine de la notion de "jardin sauvage", étant le premier à avoir intégré dans ses massifs des plantes sauvages et rustiques. Mélanger plantes exotiques et plantes locales, laisser la nature s'épanouir plutôt que de la contraindre à s'adapter à des règles géométriques sera sa recette. Les principes que Robinson expose dans ses ouvrages The Wild Garden et The English Flower Garden sont tout à fait modernes et innovants. L'illustrateur de The Wild Garden est Alfred Parsons, le peintre du tableau intitulé "Chaude après-midi" reproduit en partie ci-dessus.



When Nature Painted all Things Gay
Alfred Parsons - 1887
Tate Gallery, Londres


William Robinson naquit en 1838 dans le Comté de Dublin, non loin de Glasnevin, là où se trouve The National Botanic Garden. C'est dans ce merveilleux jardin à l'anglaise, crée en 1795 le long de la rivière Tolka, que le jeune William prendra conscience de sa vocation de jardinier horticulteur. Ce qui va le conduire à entrer à l'école d'horticulture du jardin pour y étudier durant plusieurs années.

Les serres du National Botanic Garden de Glasnevin
crédit photo



Apple Blossoms
Alfred Parsons
Plus tard, promu contremaître au Regent's Park de Londres, Robinson participera à la transformation de ce célèbre parc lors de sa réouverture au public en 1867. Ensuite il traversera la Manche pour venir à Versailles, afin de visiter son fameux jardin à la française. Mais ce qu'il découvre là ne l'enthousiasme pas du tout. Par contre il est fasciné par les plantes subtropicales des plates-bandes. Au retour de ce voyage sur le continent, il publie un ouvrage intitulé Gleanings from the French Gardens, qui est une véritable exploration des jardins français.

En 1868, il devient correspondant du Times, journal pour lequel il rédige la rubrique horticulture. Par la suite, il créera deux magazines, The Garden et Gardening Illustrated.
Gertrude Jekyll, célèbre créatrice anglaise de jardins, écrira de nombreux articles pour The Garden.
Robinson meurt en 1935 chez lui, au manoir de Gravetye (Sussex)  devenu depuis un château-hôtel où son jardin a été conservé. Mais de nos jours, ce n'est plus un  jardin sauvage.



EDIT

Il y a un autre jardin de Robinson, c'est le petit jardin botanique de l'île Robinson Crusoe. Une île qui fait partie de l'archipel Juan Fernández situé à 667 kilomètres au large des côtes du Chili. Ce jardin botanique existait en 1995, un voyageur en parle ici.

Depuis 1995, ce jardin semble avoir disparu. Dans un article de Géo daté de 2009, l'éminent botaniste Philippe Danton espère la création d'un jardin botanique destiné à préserver la flore endémique de l'île menacée par l'activité humaine (pâturages, exploitation forestière) et surtout par les plantes apportées sur l'île, telle la ronce qui se répand partout.

San Juan Bautista, le seul village de l'île, ayant été dévasté par le tsunami provoqué par le séïsme qui a secoué le Chili le 22 février 2010, tout est remis en question... Des archéologues français se trouvant sur les lieux racontent comment ils ont échappé à la catastrophe.



Source pour la biographie de William Robinson : Irish, I presume... , histoire étonnante de la diaspora irlandaise par Gaël Staunton et Isabelle Galy-Aché aux éditions de L'Irish-Club.


©VesperTilia, echos-de-mon-grenier 2011