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jeudi 1 janvier 2026

2026 - La vie rêvée



Si vous avez bâti des châteaux dans les nuages,
votre œuvre n'est pas forcément perdue
car c'est là qu'ils doivent se trouver.
À présent, construisez-leurs des fondations.


HenryDavid Thoreau
"
Walden, ou la Vie dans les Bois"
page 527 de l’édition bilingue Aubier Montaigne, 1967.









©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2026

mardi 7 juillet 2020

Chemins sur la mer





Une citation à la fin de cet épisode de la série "Le Voyageur" (que j'ai vu récemment) m'a fait découvrir Antonio Machado, un poète espagnol dont les extraits I, XXIX, et  XLIV de ses Proverbio y Cantares chantés par Joan Manuel Serrat (dans la vidéo ci-dessous) m'ont beaucoup plu.


 
Nunca perseguí la gloria
ni dejar en la memoria
de los hombres mi canción;
yo amo los mundos sutiles,
ingrávidos y gentiles
como pompas de jabón.
Me gusta verlos pintarse
de sol y grana, volar
bajo el cielo azul, temblar
súbitamente y quebrarse.



XXIX 
 
Caminante, son tus huellas
el camino, y nada más;
caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace camino,
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante, no hay camino,
sino estelas en la mar.



XLIV
 
Todo pasa y todo queda;
pero lo nuestro es pasar,
pasar haciendo caminos,
caminos sobre la mar.






















Mondes subtils



Antonio Machado, dont la santé avait commencé à décliner au début de la Guerre d'Espagne, était déjà considérablement affaibli lorsqu'il prit le chemin de l'exil avec sa mère et son frère José. Enfin parvenu en France, c'est à Collioure, où il repose, que le poète est mort, le 22 février 1939, à l'âge de 63 ans. Sa mère l'a suivi trois jours après, le jour même de son quatre-vingt-cinquième anniversaire. 









Je dédie ce billet à Fifi
dont le fil lie si bien la poésie à ses merveilleuses photos,
notamment ici











©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2020

samedi 27 octobre 2018

Heure d'hiver


La pendule à l'aile bleue 1949 Marc Chagall




Cette nuit nous passerons en horaire d'hiver,
n'oubliez pas de reculer vos horloges d'une heure.





Winding the Mantle Clock
Alfred Stevens - vers 1875-1880
collection privée




Jacques Charpentreau 1928-2016





The Old Clock
George Pinwell - 1863
collection privée







Le Matin du Monde
Marc Chagall - 1948
collection privée (Galerie Malingue, Paris)







"Le coq et la pendule" paroles









©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2018

samedi 8 octobre 2016

Automne rose à La Défense


œuvre de Vassilakis Panayotis Takis - 1988




Les photos de ce billet peuvent paraître plus ou moins floues. Pourtant je n'avais pas la tremblote quand je les ai prises mardi dernier. Mais ce jour-là, à cet endroit de La Défense, il y avait un tel vent que j'avais du mal à tenir mon appareil. Je me croyais transportée dans ma bonne vieille ville d'Avignon, quand le Mistral vous souffle si fort dans le dos que vous vous sentez pousser des ailes !







Ces arbres sont des Lilas des Indes, leur nom botanique est Lagerstroemia speciosa.




































Les fleurs frissonnant au vent sont floues,
alors que branches et tronc sont nets.
Il était fou, ce vent !



•♦•♦•♦•♦•♦•



La grande voix du vent
Toute une voix confuse au loin
Puis qui grandit en s'approchant,
Devient
Cette voix-ci, cette voix-là
De cet arbre et de cet autre
Et continue et redevient
Une grande voix confuse au loin









©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2016

samedi 1 octobre 2016

Octobre poétique, pictural et musical




L'étang en Octobre
Clarence Gagnon - 1921
National Gallery Of Canada, Ottawa (notice)





Matin d'Octobre


C'est l'heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.

Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L'érable à sa feuille de sang.

Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées :
Mais ce n'est pas l'hiver encor.

Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l'air tout rose,
On croirait qu'il neige de l'or.









Francis Cabrel - Octobre








Piotr Ilitch Tchaïkovski - Les Saisons - Octobre, Chanson d'Automne





Bel automne à toutes et à tous





©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2016

dimanche 20 mars 2016

Rameaux printaniers


Prémices de Pâques...




Cette année le printemps coïncide avec le dimanche des Rameaux, l'occasion où jamais de découvrir ce poème :



La brise émeut les rameaux bruns,
L'aube déjà blanchit le store ;
Tout devient rose, c'est l'aurore !
Le palais s'emplit de parfums.

L'air du ciel mêle le ramage
Des fontaines et des oiseaux ;
Les fleurs de la terre et des eaux
Offrent au printemps leur hommage...

Ô feuilles des saules tremblants,
Vous êtes de l'or fin ! Vous êtes
Une neige chère aux poètes,
Ô fleurs dont les poiriers sont blancs.



Émile Blémont (1839-1927)





Bon dimanche et bon Printemps à toutes et à tous



EDIT DU  20 MARS 2016 - 16:30

Un article de presse tout récent nous informe que si la date d'équinoxe de Printemps s'est produite le plus souvent le 21 mars dans la seconde moitié du XXe siècle, par contre cette date sera exceptionnelle pour notre XXIe siècle puisqu'elle a été celle des Printemps de 2003 et 2007 et que cela ne se reproduira pas avant 2102.

Nous voilà donc abonnés au 20 mars date de début du Printemps jusqu'en 2044, année où il débutera le 19 mars...

...et sans aucun espoir de retrouver le Printemps un 21 mars, à moins de dépasser (pour les plus jeunes d'entre nous) les 120 ans !





©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2016

dimanche 11 janvier 2015

Cogito ergo sum



crédit pour l'image du drapeau


























Ma participation à la mémorable manifestation du
11 janvier 2015
en faveur de la démocratie
et de la liberté d'expression



Edit du lundi 12 janvier 2015

Si vous ne savez pas encore qui est Adonis, cliquez ici.
Et pour l'écouter, cliquez là.




©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2015

mercredi 24 décembre 2014

Carillons de Noël


Pour vous qui passez par ici


























Carillons de Noël

Le vieux sonneur monte au clocher,
Jusqu’aux meurtrières béantes
Où les corneilles vont nicher,
Et, chétif, il vient se percher
Au milieu des poutres géantes.

Dans les ténèbres où ne luit
Qu’un falot pendant aux solives,
Il s’agite et mène grand bruit
Pour mettre en danse cette nuit
Les battants des cloches massives.

Joyeuses, avec un son clair,
Les voix des cloches, par le faîte
Des lucarnes, s’en vont dans l’air,
Sur les ailes du vent d’hiver,
Comme des messagers de fête.

Noël ! Noël !... Sur les hameaux
Où les gens rentrent à la brume ;
Sur les bois noirs et sur les eaux
Où tout un peuple de roseaux
Frissonne au lever de la lune ;

Noël !... Sur la ferme là-bas,
Dont la vitre rouge étincelle,
Sur la grand-route où, seul et las,
Le voyageur double le pas,
Partout court la bonne nouvelle...

Oh ! ces carillons argentins
Dans les campagnes assombries,
Quels souvenirs doux et lointains,
Quels beaux soirs et quels doux matins
Ressuscitent leurs sonneries !

Jadis ils me versaient au cœur
Une allégresse chaude et tendre ;
J’ai beau vieillir et passer fleur,
Je retrouve joie et vigueur,
Aujourd’hui, rien qu’à les entendre...

Et cette musique de l’air,
Cette gaîté sonore et pleine,
Ce chœur mélodieux et clair
Qui s’en va dans la nuit d’hiver
Ensoleiller toute la plaine,

C’est l’œuvre de ce vieux sonneur
Qui, dans son clocher solitaire,
Fait tomber, ainsi qu’un vanneur,
Cette semence de bonheur
Sur tous les enfants de la terre.


André Theuriet




Carol of the Bells par le chœur d'enfants Libera





L'origine de Carol of the Bells est un chant traditionnel ukrainien intitulé Shchedryk. Ce chant a connu un succès international. Il a été adapté dans toutes sortes d'harmonisations et pour toutes sortes d'instruments, y compris les plus inattendus :









Joyeux Noël !
et
Bonne St Sylvestre


Heureuse fin d'année à toutes et à tous

À l'an prochain !








©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2014

lundi 4 août 2014

Yerres 2 - Les caillebotis de Caillebotte






Souvenez-vous, dans le billet précédent je vous ai raconté le début de notre balade du dimanche 20 juillet, comment nous sommes partis de chez nous le matin pour aller visiter l'exposition Caillebotte à Yerres avant sa fermeture le soir même.

Nous en étions restés au moment où, après avoir traversé la passerelle de la propriété Caillebotte, nous arrivons en bordure de l'Yerres, la rivière qui traverse la charmante petite ville de Yerres.



Alors, la voici cette belle rivière qui a inspiré les peintres...



L'Yerres
dimanche 20 juillet 2014
entre 11h et midi


... et les poètes :



À la rivière d'Hière
Pour lire les poèmes : cliquer sur l'image et ensuite clic droit pour "Afficher l'image"



Le poème ci-dessus "À la rivière d'Hière" est de Jean-François Ducis, poète versaillais du XVIIIe siècle, également auteur des vers suivants :


Bords de l'Hière, aimés de Flore,
Vous m'attirez ; je viens vers vous.
Les vents ont quitté leur courroux ;
Les bourgeons sont tout près d'éclore ;
Le ciel sourit, l'air est plus doux ;
Le tendre rossignol, pour nous,
Va donc bientôt chanter encore.




Faire des ronds dans l'eau...


Un peu plus loin, les canards font des ronds dans l'eau.




La danse des canards


Encore quelques pas, et ce sont les canetons qui font une ronde, orchestrée par un gentil bambin, sous l’œil vigilant de maman cane.




Trop tard !..


Papa et tonton canards sont là aussi, mais ils arrivent trop tard à la soupe.



Les canetons ramassant les dernières miettes.


La distribution est terminée et les canetons ont ramassé les dernières miettes.

Il n'y a plus qu'à s'en retourner




Au revoir, les canards !



Comme il est presque midi, nous aussi nous faisons demi-tour pour retourner à la sandwicherie de l'Orangerie.



Le bras de l'Yerres disparaissant sous les fleurs


Encore un petit coup d’œil au foisonnement floral de la fausse rivière...



La passerelle de la propriété Caillebotte


..et nous repassons le petit pont de bois fer, d'où l'on aperçoit les parasols protégeant les tables installées devant l'Orangerie.



L'Orangerie, faisant office de cafétéria durant l'exposition Caillebotte


Cette fois-ci, pas de souci pour avoir des denrées chaudes.

Contents de nous asseoir enfin, nous nous attablons avec appétit devant nos plateaux.



Le Chalet Suisse (abritant le restaurant Le Chalet du Parc)



Une demi-heure plus tard, tout en digérant confortablement assise à l'ombre sur l'un des fauteuils de jardin disposés le long de l'immense tapis vert qui s'étend depuis le Casin jusqu'à l'Orangerie, je profite du soleil qui semble vouloir s'installer pour refaire quelques photos, un peu plus lumineuses que celles prises le matin.



Le Casin



Après quoi, je vais faire un tour à la Ferme Ornée, là où se tient le dernier jour de l'exposition Caillebotte à Yerres. Puis je reviens informer mon cher et tendre que la file d'attente n'a nullement diminué et qu'il y a, toujours et encore, une heure et demi d'attente !


Puisque c'est ainsi, nous reviendrons mardi. Non... pas mardi (ni même lundi) l'expo serait terminée !

Alors, on va aller faire un tour et puis on reviendra pour seize heures
deux heures avant la fermeture, il y aura sûrement moins de monde.
Et même s'il y a encore une file d'attente, vu que l'expo ferme à dix-huit heures, ça nous laissera le temps de faire la queue. Une heure pour voir quarante-deux tableaux, c'est nettement suffisant.



L'Exèdre


En quittant la propriété Caillebotte, nous passons devant l'Exèdre, derrière lequel on voit le velum tendu au-dessus de la cour de la Ferme ornée pour protéger du soleil la file d'attente des visiteurs.




L'arrière de la Ferme ornée, vu depuis le pont sur l'Yerres



Passé le pont, nous descendons l'escalier qui mène au sentier de promenade le long de la rivière.




La rive droite de l'Yerres, en amont du pont du 18 Juin



Dans le ciel des nuages passent, cachant un instant le soleil qui filtre entre les branches des arbres, puis s'en vont. Et reviennent...



En regardant vers l'amont
au même endroit, vers l'aval

















...créant ainsi des effets de lumière sur la rivière.



Rives de l'Yerres
Gustave Caillebotte - 1875
collection privée



Un peu plus loin, on aperçoit une passerelle. Sans doute va-t-elle nous permettre de passer sur la rive opposée.





Passerelle sur l'Yerres



Le chemin que nous suivons est à présent tout proche de la rue qui lui est parallèle et il se sépare en deux pour, d'une part rejoindre la rue au niveau d'une petite place, et d'autre part continuer tout droit pour mener à la passerelle.

C'est à cet embranchement qu'un panneau est disposé, panneau qui attire automatiquement ma curiosité.



Une belle découverte !



Il s'agit d'une maison bourgeoise du XIXe siècle, dont Monet a peint un tableau, intitulé tout simplement "La Maison d'Yerres".

De nos jours, après avoir connu quelques aléas, cette maison a été reconstruite à l'identique (ou presque...) sous le nom de Résidence de La Gerbe d'or.




"La Maison d'Yerres", aujourd'hui



En 1876, invité par son mécène et ami, le collectionneur Ernest Hoschedé, qui lui a demandé de venir à Montgeron pour peindre des tableaux (dont il a été question dans ce billet) destinés à décorer le château de Rottembourg dont il est alors propriétaire, Claude Monet est logé par son ami dans une petite maison de pêcheur sise rue de la Léthumière à Yerres, commune voisine de Montgeron.



L'Yerres près de Montgeron
Claude Monet - 1876
Collection privée (notice de Sotheby's)




C'est sans doute à la demande d'Alice Raingo, alors épouse d'Ernest Hoschedé, que Monet a peint la maison qui a appartenu aux parents de sa future femme. Probablement déjà plus ou moins amoureux d'elle, Monet fit de cette maison un magnifique tableau, dont le destin a été aussi bousculé que celui de la maison qu'il représente.



La maison d'Yerres
Claude Monet - 1876
Collection privée, Argentine


La maison construite en 1827 par Gabriel Sallin, agriculteur yerrois, fut un temps la propriété de la famille d'Alice Raingo-Hoschedé.



Yerres, une villa
(crédit photo)



La villa a ensuite appartenu à un certain Debatisse, ingénieur mécanicien. Après quoi elle a servi d'annexe au préventorium du docteur Calmette.





Lire ici la suite des aventures de cette demeure.


Quant au tableau qu'en a peint Monet, lui aussi a connu un destin mouvementé. Volé à son propriétaire argentin en 1999, il n'a été retrouvé qu'en 2011.



La passerelle de la Gerbe d'or



En face de la maison peinte par Monet, la passerelle de la Gerbe d'or enjambe l'Yerres.




Grille de l'Île Panchout



Une fois passée la passerelle de la Gerbe d'Or, on est sur le territoire de l'ancienne propriété Panchout. C'est un petit paradis de verdure qui rappelle à la fois le bocage normand et le marais poitevin.




Un coin de Normandie à Yerres



Nous longeons ici une double clôture, bois et fil électrique. Y aurait-il des animaux dangereux dans les parages ?




Les tondeuses à gazon de l'île Panchout



Le panneau ci-dessus n'est pas très récent. Depuis son installation il y a eu du nouveau !




La passerelle de l'île Panchout



C'est en franchissant une seconde passerelle (celle qui enjambe le bras de la rivière qui contourne l'île par l'ouest) que nous abordons l'île Panchout proprement dite.




Le plan ci-dessus permet de visualiser le parcours de notre promenade
(cliquer dedans pour l'agrandir)




Notre promenade entre les rives de l'Yerres, entreprise pour passer le temps en attendant le moment de retourner à la propriété Caillebotte, voir enfin l'expo des tableaux de cette rivière peints par Gustave Caillebotte, se poursuit.

Peu après l'enclos des vaches écossaises, nous avons croisé un jeune homme porteur d'une canne équipée pour la pêche au leurre, mais pas de panier. Étonné, mon cher et tendre (qui a pratiqué la pêche en eau douce dès son plus jeune âge) l'accoste pour en savoir plus. Nous apprenons ainsi que ce garçon est un adepte du no-kill. Il relâche le poisson après l'avoir photographié.



Pêcheurs au bord de l'Yerres
Gustave Caillebotte - 1876
collection privée


Nous avons eu énormément de plaisir à parler avec ce jeune pêcheur vraiment très sympathique. Mon époux était ravi d'avoir quelqu'un avec qui évoquer ses souvenirs de pêche en Polynésie et en Provence. Et le jeune homme, qui a de la famille à la Guadeloupe, nous a raconté maintes anecdotes sur ses parties de pêche en France et aux Antilles. Quant à moi, j'ai passé une bonne demi-heure à les écouter avec intérêt (bien que je connaisse par cœur toutes les histoires de mon mari !) et à poser des questions aussi.



L'Yerres, côté Est de l'île Panchout



Le soleil brille, il fait bon à l'ombre des arbres qui bordent le chemin. Un peu plus loin, une grande prairie s'ouvre sur la droite et on aperçoit l'autre bras de l'Yerres, formant à cet endroit un vaste plan d'eau.



Conférence de canards sur l'Yerres




Bien que je sois chaussée de sandales, je n'hésite pas à traverser la prairie (où poussent des orties !) marchant à grandes enjambées dans l'herbe mouillée pour aller voir de plus près le grand rassemblement de canards qui semblent tenir conseil à cet endroit, où l'eau est beaucoup plus verte que sur l'autre bras de l'Yerres.

Cet endroit me fait penser à un tableau de Caillebotte...



Canotier au chapeau haut-de-forme
Gustave Caillebotte - 1878
collection privée



Le plan d'eau des canards ressemble assez à la configuration de la rivière telle que Caillebotte l'a représentée en arrière-plan de son Canotier en haut-de-forme.





Vingt canards sur ce zoom, mais il y en avait au moins le double



Il est 14h30. Cela fait une bonne heure que nous somme partis de la propriété Caillebotte. Et il nous reste encore une heure avant de faire demi-tour pour y retourner, afin d'y être pour seize heures comme prévu. Dans mon calcul, je déduis la demi-heure passée à converser avec le charmant pêcheur no-kill.

Alors, on continue encore un peu, on ne doit plus être très loin du bout de l'île...




Petit ponton


Manifestement, ce petit ponton est là pour permettre aux riverains qui possèdent une embarcation de débarquer dans l'île Panchout.

Dans le parc de la propriété Caillebotte, il y est également possible de louer une barque ou un canoë pour se promener sur l'Yerres




Miroir d'eau



De ce côté-ci de l'île, l'eau est aussi immobile qu'à la conférence des canards.  Tout est calme, rien ne bouge, hormis des agrions mâles qui vont et viennent silencieusement sur les plantes de la rive.

Ces agrions (qui font partie des demoiselles) vont d'un rameau à l'autre, en faisant d'assez longues poses entre chaque déplacement. J'en profite pour tenter quelques photos, au risque de tomber dans l'eau !



Calopteryx vierge, également appelé Agrion




Le silence est palpable. Je reviens sur le chemin, dont je m'étais écartée pour aller photographier le ponton et les agrions. Mon époux qui m'attendait là me dit « il est temps de rebrousser chemin, regarde ces nuages qui arrivent, c'est un orage qui s'annonce ».

Après l'orage qui nous a réveillés très tôt ce dimanche matin, depuis que nous avons quittés notre domicile des Yvelines vers 9 heures les nuages n'ont quasiment pas arrêtés de passer au-dessus de nos têtes, en alternance avec des moments de grand soleil. Un orage me semble cependant peu probable...



Étude de ciel, état nuageux n°1
Gustave Caillebotte - 1872
collection privée



Ici, à Yerres, nous sommes en Essonne, à la limite de la Seine-et-Marne et du Val de Marne tout proches. À mon avis, le violent orage qui a éclaté ce matin sur les Yvelines a eu le temps de suivre sa route vers l'Est. À l'heure qu'il est (14h30) il doit être loin d'ici.

Ayant pris la précaution d'emmener nos parapluies au cas où, je n'ai pas envie que nous rebroussions chemin tout de suite. J'aimerais aller jusqu'à la passerelle que j'aperçois au bout de l'île, dont nous ne sommes plus très éloignés. Mais mon cher et tendre n'est pas du tout d'accord et il persiste dans ses prévisions alarmistes.

Comme pour lui donner raison, un coup de tonnerre retentit au loin !
Inutile de discuter. Dans ce cas, il faut vraiment faire demi-tour et se dépêcher de trouver un abri, sans envisager de photographier les effets de pluie sur la rivière.




L'Yerres, effet de pluie
Gustave Caillebotte - 1875
Indiana University Art Museum, Bloomington, USA (notice du musée)



Bien que les arbres de la rive soient susceptibles de nous protéger de la pluie, qui semble imminente, nous hâtons le pas. Dans l'île Panchout, il n'y a aucun bâtiment susceptible de nous abriter. Et il n'y en a pas non plus, sur le chemin que nous avons suivi à l'aller.

Les cafés du centre ville étant trop éloignés, le seul refuge possible, en dehors du Casin de la propriété Caillebotte (sûrement bondé le temps que nous y parvenions) reste notre voiture garée sur le parking se trouvant à proximité de la propriété (voir le plan un peu plus haut dans cette page).

Le vent qui commence à souffler et l'orage qui menace sérieusement nous incitent à marcher de plus en plus vite. Oubliées nos douleurs articulaires ! Sous l'effet de l'adrénaline, nous parcourons en deux fois moins de temps le chemin que nous avons fait à l'aller.



Le parcours du retour en mode accéléré



Nous avons marché tellement vite que c'est seulement au moment où nous nous engouffrons dans notre voiture, que les premières grosses gouttes se mettent à tomber dru.

Et puis très vite, c'est la tempête !



Énormes impacts de gouttes sur le pare-brise



Notre véhicule étant garé trop près des arbres ombrageant le parking situé le long de l'Yerres, nous changeons de place pour aller stationner un peu plus loin.

C'est à ce moment là que les grêlons ont commencé à tambouriner sur le toit de la voiture.



Les grêlons ruisselant sur la vitre (à moitié fondus)



On a beau être à l'abri dans la voiture, on se sent tout de même inquiets en se trouvant pris dans un tel déchainement des éléments : pluie torrentielle, grêle, rafales de vent, tonnerre et éclairs.

En même temps, je me dis que l'orage va certainement disperser la file d'attente pour l'exposition Caillebotte à Yerres (dont c'est le dernier jour) et que lorsqu'il sera fini, nous allons pouvoir enfin prendre nos billets sans être obligés de faire la queue pendant une heure, ou davantage.



Pluie torrentielle et grêlons, on y voit goutte !


D'après les heures de mes clichés l'orage torrentiel a commencé vers 15 heures et il a duré une bonne vingtaine de minutes. Dès que la pluie est suffisamment calmée, nous nous apprêtons à sortir de la voiture pour prendre le chemin de la propriété Caillebotte.

Petit problème en ouvrant la portière, je m'aperçois qu'il y a une piscine à la place du parking ! ce qui nous oblige encore une fois à déplacer la voiture. Et comme nous n'avons pas trouvé de place au sec sur le parking complètement inondé, nous roulons jusqu'à la propriété Caillebotte, au niveau de laquelle il est impossible de stationner. Heureusement, nous finissons par trouver une place libre un peu plus loin dans la rue de Concy.

Vu qu'il y a pas mal de monde, circulant dans les deux sens, autour de l'entrée de la propriété Caillebotte, nous ne savons pas trop à quoi nous attendre. Nous espérons néanmoins pouvoir accéder à l'exposition sans trop de problème. Hélas ! en arrivant dans la cour de la Ferme ornée, nous voyons tout de suite qu'il y a un problème...



Hall d'entrée de l'exposition
le 20 juillet 2014 à 15h45
(photo prise de l'extérieur, à travers la vitre du hall)



Il y a là beaucoup moins de monde qu'auparavant, mais néanmoins pas mal de gens dans cette cour vont et viennent, l'air totalement désemparé. Renseignements pris, il s'avère que l'orage a provoqué l'inondation de la Ferme ornée où se tient l'exposition.

Les optimistes pensent que l'exposition est suspendue et qu'elle va reprendre un peu plus tard, quand tout sera remis en ordre. Je me faufile jusqu'à l'entrée, devant laquelle l'un des responsables de l'expo est en train d'expliquer au public qu'en raison de l'inondation des locaux, par mesure de sécurité l'exposition Caillebotte à Yerres est terminée.


Vous imaginez sans peine notre déception !



Les caillebotis de Caillebotte



Fermement mais fort aimablement, tous les visiteurs sont invités à quitter les abords de la Ferme ornée, notamment en raison de l'intervention des pompiers.

Il ne nous reste plus qu'à suivre les directives et à emprunter la sortie la plus proche : celle de la porte cochère par laquelle le véhicule des pompiers a pénétré dans la cour pour se venir se garer à côté du hall d'entrée de la Ferme ornée.



Le véhicule des pompiers dans la cour de la Ferme ornée


Alors qu'elle devait normalement se terminer à dix-huit heures, l'exposition Caillebotte à Yerres a dû fermer prématurément ses portes dès quinze heures trente, après que les locaux se sont retrouvés inondés, comme on peut le constater sur la photo ci-dessous qui montre une des portes de la Ferme ornée, vraisemblablement ouverte pour permettre au public de quitter la salle d'exposition.

La photo en question a été prise par un internaute alors que nous n'étions pas encore de retour à la propriété Caillebotte. Sans doute pendant que nous étions en train de chercher une place de stationnement.

Il est à noter qu'à la suite de cet orage mémorable, l'Yerres n'a absolument pas débordé. C'est l'eau de pluie qui a envahi la cour puis s'est infiltrée sous les portes de la ferme, inondant ainsi les salles d'exposition.



L'inondation de la Ferme ornée
photo prise par un internaute qui l'a publiée sur Twitter


Une fois rentrés chez nous, dans les jours suivants j'ai vainement cherché un écho de la fermeture prématurée de l'exposition dans la presse locale. Mise à part la photo ci-dessus, je n'ai strictement rien trouvé à ce sujet.

Par contre il y a eu un article du Parisien mentionnant 70 cm d'eau aux urgences de l'hôpital d'Yerres.




Les tableaux de l'exposition que nous n'avons pas pu voir



Les deux vidéos ci-dessous résument en partie notre visite du 20 juillet 2014 à Yerres, une visite mémorable, n'en doutez pas !




La propriété Caillebotte




L'exposition Caillebotte à Yerres







©VesperTilia, échos-de-mon-grenier 2014